CHAPITRE XI
De fînégaU étendue de la mémoire.
Je ne ferai sur celte matière que répéter ce que j ai: déjà dit dans le livre de V Esprit, et f observerai : i<» que ri
les Hardouin , les Longuerue, les Scaliger, enfin tons ^
les prodiges de mémoire, ont eu communémelit peu de gçnie, et qu'on ne 1q9 plaça jamais à côté des Maehiavely des Ifewton , et des Tacite ; a" que, pour fkîre des découvertes en quelque genre que ce soit, et mériter le titre dHnventeur ou .d^homme de génie, s'il ftiut , comme' le prouve Descartes , encore plus médfter qu'apprendre ; la grande mémoire doit être exclusive du grand esprit (i).
Qui veut acquérir une grande mémoire doit la cultiver , la fortifier par un exercice journalier. Qui veut acquérir une certaine tenue dans la méditation, doit pareillement en fortifier en lui l'habitude par un exercice journalier. Or, le temps passé à méditer n'est point employé à placer des faits dans mon souvenir. L^hon^me
(i) Le$ mémçixes axtraordû^aires fovt les ^nidit^j lamédîtatioa
fait les |ifflpm^3 de ^énip. {4'fipri^ pngioal , l'esprit k spi f upf^^
compaiiHk des objets entre eux , et aperceyance de rapports in-
eonnus^^Kommes ordinaires. U n'en est pas ainsi de resprit du
monde ; oRernier est un eomposé de goût et de mémoire. Qui sait le
plus de,trait« d'Wstoufe , è^ bons mo^s , d'an^^doeM çt^ieii^eft e^%
le plus agréable dans la conveirsation. Newton, Locke, Çgr^eiJUf^
étaient entendus de peu de gens. L'esprit profond p'est ms au ton
^ plus grancl nombre. Si llîomrae jlu monde n'est ni bofi poète /
ni h^fk peixitre, ^ib^u pHîlo($opb6, ni graod f apîtsine ; ii.est dw
moins très-aimable. Si sa réputation ne s'étend point au-delà de son
cercle > ç^§t qiî'il 'éorît ppîi^t , c^est qi;|'il ne per£ecdoiihcf aucune
science , et q^'il 94 m Yen4 ppiat< ul;Ue «uxtàonimes , et pe cbir par
conséq^§«t^ W pbte»ir que peii d'esiime.