Tome II
j/5 ^K LHOIMUIIE.
en feveur des îéstûles, en sont la preqve. Mais si le jesuiie est ambitieux, TÉglise Fest-elle moins? Qu'on ouvre l'histoire » c'^8t-à-rd^« cefle des erreurs et des disputes des Pères , des entreprises du clergé et des crîmea^ des papeft 'r pat*®^ <*» wist k puissanee spiÂ-* tuelle ennemie de la temponeUe (i), oiAlier que son royaume n'est pas de ce monde; tenter, par des efforts toujours nouveaux , d« s'emparer des richessies et d« pouvoir de k terre ; vouloir iH>n-se«ileœie»t enlever à César ce qui est à €ésar, mais voùl^oir frapper kupuEement César. S'il étsit possikle- que dies cadioliques superstitieux conservasseKt quelq«e* idée du juste et de Fin juste, ces cathoJi^ws, révoltés à k lectttre d'une pareille histoire, auraient le sacerdoce en horreur.
de l'armée , paBeiMemOTA chai^gé de défeadre Ma propriété centre l'invasioiî^ 4e l'enn^nû. Le troisièra^e est le cgrps dea citoyens qui, nommés k la perception des impôts, doivent. fournir à renlretiea. des dèmx premiers. Que sert l'ordre du clergé, phis coÉteax à Tétat que les trois autres ensemble? à maintenir les mœurs. On a des mœurs en Pensy 1 vahie , et point dte clergé
(t) L'Église , en se décteant seulfe juge de ce qui est pécké-ou no» pécbé crut, à ce titre, pouvoir s'attribuer ht souveraine puissance et la suprême jurisdiction. En effet, si nul n'a droit- de punir^ une bonne action et d'en récompenser une mauvaise , h juge de leur bouté ou de leur méchanceté est le seul juge légitime d'une^ nation , le5 magistrats et les princes ne sont plus qne les exécutent de ses^ sentences : leur fonction se réduit à celle de bourreai*. Ge projet était grand : il était couvert du voile de k religion ; il n'alarm^pafr d'abord ks magistrats. L'Église soumise, en apparence, à leur autorité, attendait pour les en dépouiller , qu'universellement reconnue pour seule îuge du mérite des actions humaine», cette reconnaissance légitimât ses prétentions. Quel pouvoir les rois eussent-il» opposé à celui de l'ÉgUse ? nul autre que la^orce des armées, Alor* esclave de deux puissance» dent les volonté» et le» loi» eussent été souve»* contradictoires , le peuple incertain eàt attendu que fe force décidai; entre elles à laquelle serait due son obéissance.
Ce projet du clergé n'a point eu, j'en conviens, sa pleine exécution. Mais toujours est-il vrai , malgré la distinction insignifiante du temporel et du spirituel, qu'en tout état catholique , il est réellement deux royaumes et deux maîtres absolus <U chaque citoyen.
SECTION H'i GStâftlTKE XYII* i^y
tin fyrmee a«-Ml proBiîs léDe loxnée la suppr«ftsioa do tel kopot; Vdémée reTeltie^ «laiiqaeht^-il tiiKIteitieiuà sa pvole : pourquoi l'Église n^hxï p«procheft^Uè pm publiquement 1» iriolationde ceue parole? «'eajtfpi'inh dîffîpcMë an boiibeiir pidiilic ^ a la jiiatee f à llhiimt:^ niié^ elle ne a'oceupe «inM|Uieiiie^t qua-de aon imévêu Qaa le piiiMe aoît tyrali ,. eHe Taittcml ; maia qn il son ce qu'elle ^[^teHe:A«'re<in^, elle Fanaith^niatîse/ elle le dépose^ elle l'assassine. Qu'est -oe cepeédaM .que' )é erime d'iasrésie? Ge b^oi - hérétie , proooiieë par ite homme sage ei aan» passion^ ne signifie aiure chMe ffjL opinion purtkidière. Ce ja'est poÎM d'une telle Église qu'il faut attendre des idées netleade l'équité. £ie clergé n'aK^eordeira îamass? le nom de vertueuses qu'aux actions tendantes à' Fagvaddissement de son pouvoir e( de ses riehesses^ A quelle eau8e> si ce n'esta l'intérêt .du prétre> attribuer les* décîsioBS' contradietoirlss (i) de H Sorbomie? Ssns cet in^térêt , eùt^elle soutenu dans un temps y' et toléré dans tous la doctrine régicide des )é^ suites? se fut-elle caché l'odieux de cette doctrine? eûtelle attendu que le magktrat la lui indiquait ?
H est vi*ai qu'en recevant cette doctrine, ses docteurs ont montré plus de sottise que de méchanceté. Qû^ils soient sots^ j'y consens : mais peut-on les supposeï? honnéted^ lorsqu'on considère la fureur avec laquelle ils se sont éïevés contre les livres des philosophes , et le silence qu'ils ont gardé sur ceux des jésuites ? En approuvant f dans^ leur assemblée (a) , la morale deces rieli- , gieux, chx les d()dteursla jugeaient saine (3) saAs l'avoir
(t) Ce sTer^tinï recueil piquant- , que celui des <iond«iiliistiotift cou* tradictoires portées -par là 8orbonne', avant et- depuis DeiscaiFtes, cotitre presque tout ouvrage de génie.
(1) n est, patml les dbcteurs, des hoiVimes éclairés ' et houn^iï; mais ils se rendent ra'reiuent h dé pareMes assemblées ^ elle^ né sont, ^l Voltaire , coitiifiunément composées que de cuistres de collège.
(3J l.a inorale dès jésuites et celle de"^ Jésuis n^ont rîen de commun.
«aimiiée (en ce cas, quelle c^imon avoir de ytiges si AourdtsF)v ou ils la jugeaient saiue après l'avoir examinée et recoûnne telle (eu ce cas, queUe opinion avoir de juges aussi ignorons?); ou oes docteurs enfin, après l'a^voir examiséd et l'avoir trouvé mauvaise , l'apprôûvaient par crainte (i), intérêt ou ambition (en ce dernier cas, queHe opinion avoir de juges aussi fripons?). Dans un journal intitulé 4:hrétien ou IMigion vengée ,
jH **7 théologien ^«. , o o
philosophes et les écrivains les plus estimés de l'Earope, s*est toujours lu sur le compte. des jésuites , c'est qu'il en attendait protection et bénéfice.
L'intérêt dicta toujours les jugemens àes théolo* giens : on le sait. Ce n'est donc plus aux sorbonistes à prétendre au titre de moralistes : ils en ignorent jusrqu'aux principes. L'inscription de quelques cadrans solaires , quod ignora, doceo, ce que j'enseigne, je l'ignore, devrait être la devise de la Sorbonne. Prendrait-oa pour ses guides au ciel et à la vertu , les approbateurs
L'une est destruetWe de l'antre : oe feitest prouvé par les extraits qa'en ont donnés les parleraens. Mais pourquoi le clergé a-t-il toujours répété qu'on avait du même coup détruit les jésuites et 1a religion? c'est que, dans la langue ecclésiastique, religion est synonyme de superstition. Or , la superstition , ou la puissance papale , ft peut-être réellement souffert de la retraite de ces «eligieux. Qu'au restfi , les jésuites ne se flattent point de leur rappel en France et en Espagne : on sait de quelles proscriptions leur retour y serait suivi 5 à quel excès se porte la cruauté d'un jésuite offensé.
(i) La crainte qu'inspiraient les jésuites semblait les mettre aadessus de toute aUaque. Pour braver leur baine çt leurs intrigues , il fallait des Chauvelin , des âmes nobles , des citoyens généreux et «mis du bien public. Pour détruire un tel ordre, le. courage seul eùt-il suffi? Non : il fallait encore du génie : il fallait pouvoir montrer aux citoyens le poignard régicide enveloppé dans le voile du respect et du dévouement : faire reconnaître l'bypocrisie des jésuites, ^le nuage d'encens qu'ils répandaient autour du trône et des autels j il fallait, enfin , pour enhardir la prudence timide des parlemens » leur feire nettement distinguer V extraordinaire de V impossible.
SECTION II 5 QBâPITIlE XVII. 14$
de la teorale j^uitîque? Que h» docteur» eialtent ea^ core l'excellence des tertifd théologales^ ces venus sont locales : la vraie vertu est réputée lelle dans tous les siècles et les pays (i). L'on ne doit le nom de vertueuses qu'aux actions utiles au public et conformés à Tintérét général. La théologie a-t-elle toujours éloigné des peuples là connaissance de cette espèce de vertu ? en a-t-elfe toujours obscurci en eux les idées? C'est un efct de son intérêt : c'est conséquemment à cet intérêt que le prêtre a partout sollicité le privil^ exclusif de l'in^ structiôil' publique. Des* comédiens français élèvent un théâtre à Séirille : le chapitre et le curé le font abattre^ ici> leur dit un des chanoines^ notre troupe n'en sa«0re point d'autre.
O homme ! s'écriait atttrrfois un sage ^ qui saura jamais juaqu'où tu portes la folie et la sotdse? Le théologien le sait) en rit^ et en tire bon parti.
Sous le nom dé religion , ce fut toujours l'accroisse^ tuent de ses richesses (2) et de «ou autorité que le xhéologien poursuivit. Qu'on ne s'étonne donc point si ses maximes changent selon sa position ; s'il n'a plus maii^ tenant de la vertu les idées qu'il en avait autrefois ^ et si la morale de Jésus n'est plus celle de ses ministres.
Ce n'est point uniquement Isr secte catholique, mais toutes les sectes et tous les peuples, qui, faute d'idées
(i) n en est de Fesprît comme de la vertu. L^ësprît appliqué aux vraies sciences de la géométrie , de la physique » etc. , est «spnt daiMs tous les pays. L'esprit appliqué aux fausses sciences de, la magie , de la théologie, etc. , est local. Le premier de ces esprits est àTaiitre ce que la monnaie africaioe, nommée la coquille Corfs, est à hi, monnaie d'or et d'argent : Tune a cours chez quelques nations nègres , l'antre dans tout l'univers.
(;2) Pourquoi tout moine qui défend , avec un emportement ridîculç , les faux miracles de son fondateur, se moque-t-il de l'exiitence attesté^ des vampires ? c'est qu'il est sans intérêt pour la croira* Otez rintérét , reste !a raison , et k raison n'est pas crédule.
i5o DE l'hommb»
miiéB de h probîtey «n oni eu^ selta le^ 9ikdw pays dii^rs. des nolioM tfis^ifierentfls Ti).