‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 53 sur 203 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Quelles sont ces causes.

Elles se réduisent à deiix.

L'une est l'encliaiiiement différent des événemens ^ des circonstances et des positions où se trouvent les divers hommes (enclialnement auquel je donne le nom de hasard).

L'autre est le désir plus ou moins vif qu'ils ont de s'instruire.

Le hasard n'est pas précisément aussi favorable à tous; et cependant il a plus de pari qu'on n'imagine aux découvertes dont on fait honneur au géme. Pour connattre toute l'influence du hasard , qu'on consulte Texpérience; elle nous apprendra que, dans les arts, c'est à lui que nous devons presque toutes nos décou-^ vertes.

En chimie, c'est au travail du grand œuvre que les adeptes (i) doivent la plupart de leurs secrets. Ces secrets n'étaient pas l'objet de leur recherche ; ils ne doivent donc pas être regardés comme le produit du génie. Qu'on applique aux différens genres de sciences ce que je dis de la clûmie , on verra qu'en chacune d'elles le hasard a tout découvert. Notre mémoire est le creuset des souffleurs. C'est du mélange de certaines

<i) Qaetqties adeptes cberchent dans la Genèsa la pierre philosophale. Les seuls ecclésiastiques l*y ont trouvée.^

ig2 B£ L HOMME.

matières jetées sans dessein dans un creuset f que résultent quelquefois les effets les plus inattendus et les plus étonnans ; et c'est pareillement du mélange de certains faits placés sans dessein dans notre souvenir , que résultent nosidécis les plus neuves et les plus sublimes. Toutes les sciences sont également soumises à l'empire dû hasard : son influence est la même sur toutes , mais ne se manifeste point d'une manière aussi frappante.

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