‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 69 sur 203 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

L'amour du pouvoir est, dans V homme y la disposition

la plus fai^orahle à la vertu»

MI la vertu était en nous Telffet ou d'une organisation particulière, ou d'une grâce de la Divinité, il n'y aurait d'honnêtes ^ue les hommes organisés par la nature Ou prédesftioéa par le ciel p^Ur être vertueux* Les lois^ bonnes ou mauvaise$, la forme.plussou moins p^fkîte des gouvernemens , n aurai^t que peu d'influence sur le^ vertus des peuples. Les souverains seraient dans l'inipuîssance de former de bons citoyens i et l'emploi sublime de législateur serait , pour ain^ dire ^ sans fonctions. Qu'on regarde au contraire la vertu pomme l'effei d'un désir commun à tous ( tel est le désir dç commander ) , le législateur pouvant toujours attacher estime;, richesse y enfin puissance ^ sous quelque dé« nomination que ce soit, à Ipi pratique des vertus^ il peut toujours y nécessiter les hommes. Dans une ex«» cellente législation, les seuls vicieux seraient les fous^ Cest donc toujours à l'absurdité plus ou moins gfande des lois qu'il faut , en tout pays , attribuer la plus ou moins grande stupidité, ou méchanceté des citoyens.

Le ciel , en inspirant à tons l'amour du pouvoir, lear a fait le dcm le plus précienat. Qu'importe que

:i46 DE l'homme,

fous les hommes naissent tertueux, si tons natsseRt susceptibles d'une passion qui peut les rendre tels?

Cette vérité clairement exposée , c'est au législateur , c'est aux magistrats à découvrir ensuite , dans l'amour universel des hommes pour la puissance , les moyens d'assurer la vertu des citoyens et le bonbeuir des peuples.

Jusqu'au désir de la gloire ,- tout n'est donc ^ dans rhomme, qu'un amour déguisé du pouvoir. C'est dans ce dernier amour que se cache eiicore le principe, de

l'intolérance.

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