CHAPITRE XV
De Tintolérance cwile.
L'homme nj^t entouré de peines et de plaisirs. S'il désire l'épée du pouvoir, c'est pour écarter les unes et conquérir les autres. Altéré de puissance , sa soif, à cet égard, est insatiable. Non content de commander à sa nation, il veut encore commander à ses opinions. Il n'est pas moins jaloux de s'emparer de la raison de ses concitoyens, que le conquérant d'envahir , les trésors et les provinces de ses voisins.
Il ne se croit vraiment maître que de ceux dont il s'asservit les esprits. Il emploie à cet effet la force : elle soumet, à la longue, la raison. Les hommes finissent par croire les opinions qu'on les force de publier. Ce que ne peut le raisonnement , la violence l'exécute.
L'intolérance, dans les monarques, est toujours l'efiet de leur amour pour le pouvoir. Ne pas penser cofcnme eux , c'est mettre une borne à leur autorité ; c'est annoncer un pouvoir égal au leur. Quel est , en certains payS; le ci*uiie le plus sévèrement puni? la contra-^