‹ Œuvres complètes d'Helvétius (volume 2)Chapitre 90 sur 203 · CHAPITRE VÏIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VÏIL

Des éloges donnés par Rousseau à r ignorance. .

CiCLUi qui parfois regarde la diversité des esprits et des caractères comme l'e£Fet de la diversité des tempé^ ramens (i), et qui, persuadé que l'éducation ne sub^ stitue que de petites qualités aux grandes données par la nature, croit en conséquence l'éducation nuisible {pt), doit aussi parfois se faire l'apologiste de l'ignorance. Aussi Rousseau dit-il (page 3o5, tome II de YHéloïse) : « Ce n'est point des livres que les enfans doivent tirer » leurs connaissances; les connaissances ne s'y trou* % vent pas. » Mais sans livres , les sciences et les arts eussent-ils jamais atteint un certain degré de per^ fîîction? Pourquoi n'apprendrait-on pas la géométrie dans les Euclide et les Clairaut ; la médecine dans les

(i) Si les caractères étaient Fefiet de Por^nbation , il y aurait en tout pays un certain nombre d'hommes de caractère. Pourquoi n'en voit-on communément que dans les pays libres ? c'est que ces pays sont les seuls oii les caractères puissent se développer. Mais le moral pourrait-il s'opposer au développement d'une cause physique ? Est-il quelque maxime morale qui fasse fondre une loupe ?

(2) L'instruction, toujours utile, nous fait ce que nous sommes. Les savans sont nos instituteurs. Notre mépris pour les livres est donc toujours un mépris de mauvaise foi. Sans livres nous serions encore ce que sont les sauvages.

Pourquoi la femme du séraU nVt-elle pa« l'esprit des femmes de Paris ? c'est qu'il en est des idées comme des langues : on parle celle de ceux qui nous entourent. L'esclave de l'Orient ne soupçonne pas la fîerté^du caractère romain. Il n'a point lu Tite-LiVe ; il n'a d'idé«s ni de la liberté , ni d'un gouvernement républicain. Tout est «n nous acquisition et éducation.

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