LETTRE XIV
T otJS êtes une bien aimable créature; voilà tout ce que je peux vous dire^ mon cber ami. On me mandé que vous venez bientôt à Cirey : je remets à ce temps-^ là à vous parler des deux leçons de votre belle ëpître sur l'Étude ; vous' pouvez de ces deux dessins faire un excellent tableau avec peu de peine. Continuez à remplir votre belle âme de toutes les vertus et de tous les arts. Les femmes pensent que vous devez tout à Famour ; la poésie vous revendique; la géométrie vous offre des XX', l'amitié veut tout votre cœur; et messieurs des fermes voudraient aussi que vous ne fussiez qu'à eux : mstis vous pouvez les satisfaire tous à la fois. Mettezmoi toujours y mon cher ami, au nombre des choses que vous aimez; et ^ dans votre immensité j n'oubliez point Cirey, qui ne vous oubliera jamais. Est-il possible que vous daigniez aller che? Saint -Hyacinthe! vous profanez vos bontés. Je ne sais comment vous remercier.
A Cîrey , ce i4 mars.
Ëh bien!. nous n'entendrx)ns donc parler de vous ni en vers pi en prose? Je me flatte que mon cher Apollon naissant me payera de son silence aveciusure. Ap- - paremment que vous préludez à présent , et que bientôt nous aurons la pièce ; cependant , mon cher ami , je vous prie de me mander si vous avez reçu le brouillon de Pandore , et si vous l'avez envoyé à M. de Ponde-
DE VOLTAIRE A HELVETIUS. 31 3
Teile, rue et. porte Sâint-Honoré. Si vous êtes content de l'esquisse, je finirai le tableau, sinon je le. mettrai au rebut. Madame du Cbâtelet vous fait mille complir mens, et moi je vous suis attaché pour la vie. Mandez* nous donc ce que c'est qvL Eugénie; cela est -il digne d'être vu plusieurs fois de vous ? Mes complimens- à votre ami. Adieu; je vous embrasse, mon jeune Apollon.
A Bruxelles, ce 19.
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