‹ Œuvres complètes d'HelvétiusChapitre 40 sur 74 · LETTRE XXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE XXVIII

Moif cher philosophe > vous avea raison d'être ferme dans vos principes ^ parce qu'en général vos principes soikt bons. Quelques expressions hasardées ont servi de prétexte aux ennemis de. la raison. On n a cause gagnée a^^ notre nation qu'à l'aidé du plaisant et dil FÎilicule. Votre héros FontenéUe Ait en grand dan-* ger pour fei Oraelet^ et pour la Reine iiléro et sa So^Êt Ehëgui, Et quand il disait que > s'U avait la main pleine dé véHtés^ il n'en lâcherait aucline> c'était parée qu'il en avait lâché , et qu'on lui avait donné sUr les doigtai Cependant cette raison tant persécutée gagne tous leA jotir^ du terrain. Ou a beau &ire> il arrivera en Franloe ohee les honnêtes gens ce qui est arrivé en dkngle«erre« Nous avons pris des Adglais les annuités 9 les rentes tournantes , les fonds d'amortissement, la oonstructioa et la manœuvre des vaisseaux^ Tattraction, le ealoul

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DE VOLT AIME â HELYETItTS. a3r

f les sept couleurs prtmkîytSy rinoonlaiîoiu Mou^ prenons iasensîbleraent leur noble ûerté de peu* ser» el kur profond mëpn» pour les fsdaîses de Téeûle* Les jeunes gens ^se forneitt. Geui qui sont deetiaéi aux plus gfMides phees se sont dé&its des ioâmes prêt jugés qui ftTilissent une nation. Il y aura toi^ours uq grand peuple de sou et une foule de firipons; mais le peûiF nombre des penseurs se fera respeeler. ¥oyes oommela pièce de Palîssot est déjà tombée dans Foi^i; On sait par cœur les traits qtsii ont percé Ppmpigaan , et on a ouUié pour jamais son discours et sott mitk moire. $i on n avait pas confondu œ nudhemreux| l'usage d'insulter les philosophes dans les dsseours de réception à l'Académie attrait passé en loi. Si on n!awt pas nendu nos persécuteurs ridicules^ ils n'auraient pas mis de bornes à leur insolence. Soyea sûr que unt que les gens de bien seront mus ^ on ne les entamera pas. Vous allez à Paris ; vous y serez le lien de la eoncorde des êtres pensans. Qu'importe, encore une fois, que notre tailleur et notre sellier soient gouvernés par frère Croost et frère Bertfaier ? Le grand point 'est que ceux avec qui nous vivons soient éclairés, et que le janséniste et le molinisié ^ieni forcés de baisser les yeux devant l'honnête homme. C'est l'intérêt du roi, c'est celui de l'état y que les philosophes aient du crédit dans la société^ Ik inspirent i'evaour àe la patrie, et les fanatiques y portent le troulble. Mais phts ces mise * raMes sentiront votre supériorité, phn vous aurez d'attention à ne leur point donner prise par dés paroles <lont ils puissent abuser. Notre morale est meilleure que la leur, notre conduite pk» respectable. Ils par^ lent de yeita , et nous la pra«iqtt<His. Conservons nos ^avantages. Opendem vous aurez une bonne maison , TOUS y rasseitfblerez vos amis , vous répandrez la lumière ée proche en proche, vous serez respecté «xéoie

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de ces ûidigne» ennemis de la rauDn et de la verta*' Dans ce loisir henrenx ^ vons vons Minseirez àr iàice dé bons ouvrages^ sans y eip6ser voire nom*aux censures des fripons. Je vois qu il faut que vous^ fesàœ en France ; et vous y i serez très-utile. Personne n'est pkis fait que vous pour réunir les gens de lettres. Vivez gatment; travaillez utilement; soyez l'honneur de votre patrie. Le temps est venu^ù les<bommesrcomme-vous doWent triompher. Si vous, n'aviet^ pas été mari et père, je vous aurais dit : f^ende omnia 4fuœ habàSy et sequerà me. Mais votre situation , je le vois bien^ ne nous permet point on autre établissement ^ qui peut-être même serait regardé comme un ^veu de votre crainte par. eaux qui empoisonnent tout. Restez donc parmi vos amiS'i rendez vos ennemis odieux et ridicules : aimez^moi» et comptez que je vous serai toujours attaché avec toute Festime et l'amitié que je vous ai vouée depuis votre enfance.

. i5j«pt^mbre.

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