RÉPONSE D'HELVÉTIUS
A M. LE COMtE »8***,
PElÊSIDBirT DB J^ÂCkBiuiZ DB SAXlTT-PiTBBSBOU^Qi^
tt esii ^^ hop)9i^ çf^e ^ qi^faiit ^^^Ure po^^ élever ]pii$^ 4^ sa gknre à v«nir« J^j q^s^ ^ é)]|auiçb4 Vp^Y^^g^ iHqqyçmf^lU b»iftî|^§ e^^^ns 4'«¥iW gW^çJ^ nî|tÂcm; q«^
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p^i#s9Da^uf «ncUqr réxpu)^(^Q.« ci^el^ g^n4 ^(pieuyr,
Vcw^ réimsaie«.ioi|s^:W fkn$ 4e 1« £priqt)€u Ce* ayai>fT.
vQuft U^ part^g^9 avw Ipq^u^CHip d>2^liF0» grand» s^î*^
4'wx^ CVsl la^^aeul bien ^|^'lS .v^i^ re^ta à envi^r^ ÇV^t. l^xéwmfGXk^ la pli» digne d'un^ âm^ élevée,. p^fç^ qu'elle ç«i ipajftura uft dcwij dfl la reflwîvaiîiwjîce pi^n ,
bliquQb La gloire d'une infîaité de nations., puissantes ^'est ensevelie sous les ruines de leurs capitales. Par vous, peut-être, la Rome-Russe doit encore subsister, lorsime le lempa en auva détniît h puissance. Si les Grecs n'eussent vaincu que l'Asie, leur nom serait maintenant oublie. C'est aux monumens qu'ils ont éle-
rh «aux sdeaces ftt aillK art» qu'il» dîoiveat encore le tribut d'admraiioii que JMtve reôonhdLSsanoe leur paye:
Nous partageons euMPO je» booimagi» que iâsbeflux génies de Eome ont reodiia à la bien&îsanoe de Mëcéue ei d'Ac^nete. C'eat à eUe que noua dévoua lea ouvragea immortela d'Horace et de Virgile, Voira u»arcbefez ai^r leurs traeea en çncoupageant dans votre patrie la liberté de penaer* U ne faut pas que le cisei<| de la aupersCfttiôn et de la tbéologie vogaé les ailes du ^nie* Qis'à de dangereux la liberté de tout dire l Lea égbpemeoa Diéiiae de la rùson ont souvent faôit na(«re la* lumiène du sein des lénebres. Il n'y eut janKats: qàe iea erirenits que le fanatisme et la snpieratitajon ont votdu c^Hisacrer qui aient a^é le tarouble et 1» dîvbion^.
2 aieru m'aperceroir dans la lettre dont totite£xf«]« lence m^^i honoré , qu'elle douiait un|»eu damiecês de ses efforts; et te doule est pem-»étre (dméé sur ladiflîenllé d'aoeorder une certaine liberté aUK écrivains de votre nation. Cette liberté > cependant /«si absoUoa^eiic nécessaire. Avec des chaînes aux pieds^ on ne court pas, on rampe.
Pour créer des bomuiçs illustres dans les sciences et les arts^ il ne suffit pas de répandre sur eux des largesses j îl ne faut pas nvemeies }eur.prodigper> yai)ondance engourdit quelquefois le génie. Le riche éteint i'aniQur de la gloire dâtfs les jt^rnssanoes* C'est par tdës honneurs et des dialipeticms qu'il faut principaleiiiènt récompeitser le mérite littéraire. La vanité mise en jeu dévelef»pe les ressorts de l'esprit; 1 appât du gain l'avilit fCt le courbe aux bassesses. Apollon aurait^il mérité ]a^gloire et les élages des poètes > s'il n'eût été qti'un I)ieu, et sHl ne fut pds deboendu cbea Admète-potir y garder ses troupeaux , et ohanler dans le cdbfisur des nwses?
Les honneurs^ entre les mains des princes, ressemr
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blent à ces talismans dont les fées font pr^m dan^ nos contes à leurs fayoris. Ces talismans perdaient leur vertu sitôt cpi'on en faisait mauvais usage.
Un moyien encore de lier plus étroitement les sa-* vans russes au corps des autres gens de lettres de l'Europe ^ et d'exciter leur émulation, est d'associer, à l'exemple de Louis XIV , les étrangers aux honneurs, que vous décernerez à vos compatriotes. Un Russe , l'associé en France d'un Voltaire , en Angleterre d^un Hume, sera curieux de lire leurs ouvrages , et voudra bientôt en composer de pareils. C'est ainsi que les ' lumières se répandent , et que l'émulation s'allume.
Votre Excellence- voit que l'intérêt vif qu'elle prend* aux sciences, aux arts, et en général aux progrès de l'esprit humain , a passé dans mon âme , m'a fait insister sur des vérités que vous n'ignorez pas. Mais une der^ nière, dont je désire sincèrement que vous soyez convaincu, c'est de l'estime et du profond respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être , etc.
SECONDE LETTRE