XVII
On est souvent trop sage pour être un grand homme. Il faut un peu 4e fanati^Hiie pOur la gloire, et dans les lettres et dans les gens d'état.
xvui-
La justice est un rapport des actions des particuliers au bien public.
On tirerait des conséquences utiles de savoir que la mémoire est la même chose que le jugement et l'imagination. On pourrait déterminei* quelles téflexions ou jugeniens ferait un homme en conséquence dés faits qu*il a dans la mémoire , et quelle sorte <^e réflexions arrivera en conséquence d'une érudition vaste et profonde.
L'histoire est le roman des faits , et le roman l'histoire des sentimèns. L'histoirç apprend que la vertu n'a rien à gagner avec les hommes; que sur cent à peine s'en trouve-t-il un vertueux par inclination; qu'ils sont^tous faux , perfides, etc. Le roman nous présente des modèles de fidéhté , de droiture.
aSS FESSEES
Le géoîe reMemUe a ces terres vastes où 41 y a des eadroitspea soignés et peu caltivés: dans une â^^ande étendue tout ne peut être peigné* Il n y a qne les petits esprits qui prennent garde à tout ; c est un petit jardin qu^ils tiennent aisément pdgné.
xxn.
Pas plus de sûreté dans un dévot qne dans un courtisan : Tun abandonne son ami pour &ire fordme auprès de son roi ; lautre, pour la Êiire auprès de son Dieu.
xxin.
Les gens du monde aiment les gens qui ont plusieurs sortes d'esprit^ parce qu'ils croient avoir plus d analo-
gîe avec eux*
L'esprit ébauche le bonheur que la vertu achève.
Pourquoi ^iton souvent q}ie les gens d'imagination font des pi*ojets fous? C'est que^ pour exécuter leurs projets ^ il faudrait avoir autant d'esprit qu'eux ; et ceux qui ne voient point de moyens de les exéci:^ter aiment mieux dire que le projet est inexécutable^ que. d'avouer qu'ils n'auraient pas l'esprit de l'exécuter. Ce raisonnement est confirmé par l'expérience. Les grands hommes sont ceux qui inventent et exécutent des choses que les autres hommes croient impossibles. Mais pour cela il faut que la fortune mette les hommes dans une place où ils puissent exécuter ce qu'ils ont inventé j sans quoi ils passent en général pour des rêveurs.
ET BÉFLËXIONS. 289
Dans les temps de malheur ^ on aime plus la vertu que Tesprit, parce qu'on en a plus de besoin , et non pas y comme on dit, parce qu^elle vaut mieux. C'est toujours nos besoins qui nous font préférer une chose à l'autre.
XXVH-
Ce qui fait le bonheur des hommes, c'est d'aimer à faire ce qu'ils ont à faire. C'est un principe sur lequel la société n'est pas fondée.
Un homme qui serait beaucoup au-dessus des autres hommes n'en doit point être estimé : ce qu'il voit au* dessus d'eux n'est point vu par eux.
Un sage jouit des plaisirs, et s'en passe, comme on fait des fruits en hiver.
L'envie dit souvent qu'un tel livre ne fait du bruit que par sa hardiesse , . pour dire hautement : « Je pasy> serais pour avoir autant d'esprit que cet hômme-là si D j'étais aussi imprudent. » Vérité hardie est une vérité importante au grand nombre, et peut-être ndisible à des hommes ou à des corps puissans. Celles qui ne font point de bruit n'ont^ donc nulle importance ; les auteurs de ces vérités devraient donc moins s'applaudir de leur prudence que rougir de l'inutilité de l6ur esprit.
Lorsqu'il tombe une étincelle de Tamour dans un cceur, elle l'anime; mais si l'amour en approche son flambeau , il le consume.
TOJBE III. '9
ii f a éê9 ^1^ ^*t% fyttt étmueé^ pour ks per-
ifif i^fit^ ë»i liKi'tit- 1«» »o(» un flambeau qai Jaît dan» Je kwilJkftl WttS le dissiper.
QHfelqti^ letiijis aprês qu'une erreur a disparu, les lidHittiHâ Hë ëbliçoivettt pas comment on Ta pu croire. >. Oh ^^ Hibt^Ue rtliJ0Uh4l4Ut dt?i Égypû^ns qui adoraient \h{\^ i\\^M^ ^^**^ '** '%^^ ^'^*^ oignon ; on rit de la ibilUê d^ éëS WbUitE^ t|ul »e dUpuitttent entre eux sur là bt-Vi^^^V^l^ ^l Ttowft iUi tl^ k *e>upe quHU mangeaient : Ht^\tt ^^i^NV^lt5H>j k rt¥iè ài H^ ft^wu* sur bien d autres ^fe^VW^it^ b^W ^ tt^v^i^^^ ^^lw»i rt^i^U^Î Cependani il Vi^H Ù ^ xl^ ¥^^ nfe jg^èft* «ètt^ ^ Sîê dbmamdkr :
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'bouh(^nr. jVmemis par hmih^^«r/'WMi îcéiùi qii^wi tàl-
trîlMlo -à în 'f(^rinhe , mais eeVdi It^Ûi liâtt B^tïWe ^bôHl«e
"§nt>1o , tf('' îa^ftîàtîsfî*cli<Mv <^ Aj ttw^s ite'èa'ttioii^tiàliôti
ET REFLEXIONS. 3gt
CeuY-là seuls sont propres à écrire de la morale , <{ui n'ont pas besoin d'attribuer leurs actions à d'autres causes qu'à celles qui les leur ont fait ùifû , et qui n'ont pas besoin de s'attraper eux-mêmes sttr les moti& qui les font agir, crainte dé se trouver trop méprisables à .leurs propres yeux* Il n'y a que celui, par exemple , à qui l'envie n'aura fait commettre aucune mauvaise action qui avouera qu'il a eu de l'envie.
N L'intérêt donne toujours de l'esprit. Mes fermiers m'ont toujours attrapé quand ils ont voulu , pour deux raisons : la première , parce qu'ils connaissaient mieux que moi la matière dont il s'agissait , et que cette Connaissance est la base de l'esprit; la seconde > parce qu'ils avaient plus d'intérêt à m^attraper que je n'en avais à ne l'être pas, VU qu'ib étaient gueux et moi riche.
L'édit qui établit les notaires insulte plud leé hommes que le livre de I^Esprit. L'un dit que leà hommes sont fripons , l'autre dit seulement que les hommes n'agissent qu'en vue de l'intérêt personnel.
Lorsque l'on combat les principes d'un homme , on peut montrer les conséquences qui en suivent, mais ne pas assurer qu'il les ait eues en yue, et attendre ce qu'il répondra.
XLH.
Annibal était borgne. Il se moqua du peintre qui le peignit avec deux yeux, et récompensa celui qui le
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On^ $m oe$^ poiiU de cmre tme ahsanficé parce que de UoM ^e#prit« h démontrent tefle; mais on la croit l>!àrce éju^im petit nombre de cots et de fiîpons la disent
XLvm.
Il y ft de# j|;en« qui se croient de grands raisonneurs porca quUU «ont pesans dans la conversation^ comme de« bo«iiu« qui se croient de Tesprit parce qu'ils sont
Faire beaucoup de rentiers dans un état^ c'est lier l'intërêt du roi À Tintérêt d'un grand nombre d'hommes, ennemis naturels des propriétaires*
Quiconque est perpétuellement en gahle contre lui« même se rend toujours malheureux de peur de l'être ^uel<|uefQis«
lia physique et la morale sont comme deux colonnes isolées éloignées l'une de l'autre ^ mais qu'un jour un même chapiteau rejoindra^