LXIII
Si les hommes ne croient pas aux contes des fées et des génies.; ce n'e$t pas leur absurdité qui les retient et les empêche , c^est qu'on ne leur a pas dit d'y croire.
Une des choses qui nous donnent le plus de fausses idées du bonheur; c'est l'exagération des poètes qui nous peignent; par exemple ;Jes transports momentanés de Tamour comme une durée , et nous font par là concevoir une idée de bonheur qui ne peut existen Voilà le fantôme qui séduit la plupart des hommes ; et surtout des jeunes gens.
Li^V.
Le clergé est une compagnie qui a le privilège exclusif de voler par séduction.
Les hommes sont si bêtes qu'une violence répétée finit par leur paraître un droit. On croit en Turquie que le grand-seigneur a droit sur la vie, les biens et la liberté des citoyens.
Il faut être très-honnête pour étudier en soi les autres hommes : les fripons auraient trop à rougir.
Les riches et les pauvres se voudraient réciproquement parfaits. Les uns et les autres ont une prétention ridicule; mais celle des pauvres est moins odieuse, parce que les riches ont de quoi supporter une injus^ tice et s en consoler.
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n y a peu d'amis à tonte épreuve. Tel pour nons a rb^Qé sa fortune, qni ne risqnenin pas nn ridicule.
Un père disait à son fils : Vous êtes sot ; soyez au moins décisif; cela réparera votre bêtise.
La croyance aux préjugés passe dans le monde pour bon sens.
Ce qui nuit le plus à ravancement des arts et des sciences, c'est ce qu'on appelle ces gens de bon sens qui se donnent le titre de voir net, parce qu'ils nevoient pas loin,
Il y a tant d'inconséquence parmi les hommes , que les rois qui craignent qu^on n'attaque le christianisme seraient bîen fâcbéa de gouverner leurs peuples avec ses lois,
La vertu a bien des prédicateurs et peu de martyrs,
Il ne faut pas avoir trop d^ petitesse ni trop d'étendue d'esprit pour parattre avoir du bon sens; car on n'ap-* pelle bon sens parmi presque tous les hommes que Tac-» quiesccmcnt aux choses reçues par le? sots; et un homme qui n'a en bqt que }a vérité , et qui par consé-» quent s'éloigne ordinairement des vérités reçues , passe pourfoUf
Les conseils durs ne font point d'effet : ce sont comme des marteaux qui sont toujours i^epoussés par Fen-^ clumé.
Il y a des sots <jui disent des choses communes d'un air singulier, et qui passent pour des gens d'esprit ; tandis qu'il y a des gens d*esprit qui disent des choses fines et bien pénsëes d'un aîr commun ^ et qui passent pour fous ou pour des gens médiocres.
Il en est souvent des états et des armées comme des vaisseaux que leur grandeur empêche de naviguer.
Tout ce qui ne sert pas à la postérité est inutile dans J'hiçtoire,