FIN DU TRAITÉ DES PLAIES DE TÊTE
ΚΑΤ᾽ IHTPEION.
L'auteur, dans un premier préambule de quelques mots, . indique quelles sont les sources de l’observation médicale, c'est-à-dire par quelles voies le médecin se fait une idée de ’état pathologique qui est soumis à son examen.
Dans un second préambule aussi court, en indiquant que ce livre est consacré à l’exposition des règles générales qui président à la pratique des opérations et des pansements, il énumère les chefs sous lesquels ces règles peuvent se ranger.
L'opérateur est ou debout ou assis ; et, dans l’une et l’autre de ces positions, son attitude et ses mouvements sont déterminés relativement à la lumière, relativement à lui-même, relativement à la partie sur laquelle il opère.
Immédiatement après, l’auteur explique comment doivent être les ongles, et comment il faut que le médecin emploie soit les doigts, soit la main entière, soit les deux mains.
La place où doivent être posés les instruments , mot qui comprend les pièces d'appareil, est déterminée.
Le rôle des aides est tracé.
Les appareils peuvent être considérés sous deux points de vue : ou bien le médecin est occupé à les poser (ἐργαζόμενον); où ils sont déjà en place ( εἰργασμένον). Indication sommaire des qualités que l’opérateur doit posséder pour bien poser un’ appareil, et de l’état dans lequel cet appareil doit se présenter s’il a été bien posé.
Un bon appareil doit satisfaire à deux ordres de condi-
ARGUMENT. 263 tions. Le premier ordre de conditions est relatif au degré de constriction. Les anciens n'avaient pas d’épingles ; aussi, pour assujettir des pièces d'appareil, ils se servaient du fil et de l’aiguille. Règles pour placer convenablement le nœud et les coutures. Le second ordre de conditions est relatif aux moyens d’assujettir le bandage suivant la conformation, la direction et l’usage des parties.
L'auteur expose les qualités que doivent avoir les pièces d'appareil.
Hippocrate divise les pièces de linge qui entrent ou peuvent entrer dans un pansement d'une fracture, en bandes appliquées immédiatement sur la peau , ὑπόδεσις ; compresses appliquées sur ces bandes, σπλῆνες, bandes appliquées sur ces compresses, ἐπίδεσις : et lisières destinées à maintenir le tout, παραιρήματα. |
Les bandes appliquées sur la peau peuvent servir à obtenir le recollement des parois d’un foyer, à rapprocher les bords d’une solution de continuité, à écarter des parties vicieusement rapprochées, à redresser des parties déviées.
Les compresses sont, à leur tour, l’objet de remarques et de préceptes. |
Puis l’auteur parle des bandes qui recouvrent les compresses, et dont chacune doit être enduite d’un cérat adhésif, enfin des lisières qui maintiennent l’ensemble de l’appareil.
Les attelles, comme on le verra dans le traité des Fractures, ne se mettaient pas en même temps que le reste de l'appareil, même dans une fracture simple. Ce n’était qu’au septième, neuvième ou onzième jour que le médecin en faisait l’application. Hippocrate en donne ici une description très succincte, qui montre qu'elles n’étaient pas disposées comme celles dont nous nous servons d'ordinaire, puisqu'il dit qu'elles doivent avoir le plus d'épaisseur là où la fracture tend à se déplacer.
On remarquera que le soin d’enduire la peau d’un cérat adhésif avant d'y appliquer les bandes, et d’enduire égale-
ment avec la même substance les bandes extérieures et recouvrant les compresses, que ce soin, dis-je, contribuait à la solidité de tout l'appareil.
L'emploi de l’eau chaude, la position de la partie, et l’usage des gouttières sont l’objet de remarques spéciales.
Présentation du membre ‘extension et contre-extension ; coaptation ; position subséquente , tout cela doit être selon l'attitude naturelle. Hippocrate explique ce qu’il faut entendre ici par ce mot d’attitude naturelle. Il règle l'extension, la contre-extension et la coaptation.
. Hippocrate expose les signes auxquels on reconnait que la constriction de l’appareil est suffisante, et les termes dans lesquels il faut le renouveler et le resserrer.
Il revient; et c’est une répétition , sur l’attitude dans laquelle le membre doit être tenu.
Il indique l'espèce de déligation que réclament les ecchymoses, les contusions, les distensions musculaires , les gonflements non inflammatoires.
Il esquisse celle que réclament les luxations, les entorses, les diastases, les fractures de parties saillantes avec de grands écartements.
Enfin, il arrive que la compression continue que produisent les bandages, et l’immobilité prolongée déterminent l’atrophie des membres. Hippocrate enseigne quelle espèce de bandage il faut mettre en œuvre dans ce cas, concurremment avec d’autres moyens destinés à rappeler la nutrition. Les auteurs modernes ne parlent pas de cet emploi spécial des bandages, emploi que recommande Hippocrate, et dont Galien se loue pour en avoir éprouvé l'efficacité en une foule de circonstances. |
Enfin il termine par quelques mots sur les moyens pro pres à maintenir la tête et la poitrine en cas de blessures de ces parties, et à empêcher que les mouvements communiqués n’y excitent de la douleur ou n'y causent des accidents.
Gette analyse montre que le traité de l’Officine du méde-
cin, qui, après un très bref préambule, indique l'attitude de l'opérateur, l'emploi des doigts et des mains, la place des instruments et le rôle des aides, comprend pour tout le reste l'exposition des règles relatives à la pose des appareils. Il en résulte que ce traité est consacré non pas aux opérations en général, mais en particulier au traitement, par les bandages, de toutes les affections auxquelles cet ordre de moyens est applicable. Il importe de ne pas perdre cela de vue, afin de bien comprendre ce traité, où chaque mot est ou une indication , ou une règle.
On remarquera, dans le traité des Fractures, qu'Hippocrate indique minutieusement la position de l’une et l’autre main dans la réduction des os. Cela est en rapport avec ce livre-ci, où l’on voit que l'emploi des mains était soumis à des règles fixes suivant les diverses manœuvres. Les jeunes médecins recevaient, à cet égard, une éducation ; leurs corps étaient façonnés aux attitudes régulières, leurs mains aux mouvements réglés; et cette gymnastique chirurgicale, si nécessaire pour que toutes les opérations soientexécutéesavec une précision qui, d’apprise, devient pour ainsi dire instinctive , était sans doute, comme plasieurs autres gymnastiques, plus exacte alors qu’elle ne l’est aujourd’hui pour nos élèves,
Le titre de ce traité est pris à l’appellation qui servait à désigner le lieu où le médecin avait ses instruments et ses appareils , et pansait ses malades. « C’étaient, dit Galien, de grandes maisons, ayant de grandes portes, recevant pleinement la lumière ; et encore aujourd’hui, beaucoup de villes en assignent de pareilles aux médecins qu’elles emploient (Comm. in libr. de Off. med. 1, text. 8, τ. 5, p. 668, 1. 53).» Il paraît qu’Aristote, qui était de famille médicale, et qui avait écrit sur la médecine, avait renoncé à une officine de ce genre, d’une grande valeur (1). C’est du moins ce qu'avait
FOTO πολυτίμητον ἰατρεῖον ἀρτίως ἀποχεχλειχότα, Polybii, Diodori Siculi , etc., excerpta ex collectaneis Constantini Porphyrogenelæ , p. 46; Paris, 4634. ᾿
dit l’historien Timée , au milieu de beaucoup d’injures et de calomnies contre le philosophe de Stagire.
J'ai exposé, dans l’4vertissement de ce volume, les raisons qui m'ont déterminé à remettre parmi les livres hippocratiques l’opuscule de l’Officine du médecin, que j'avais laissé (1ntroduction, p. 367) parmi les livres incertæ sedis ; mais, quant à la place queje luiattribue dans ce volume, elle n’a été réglée que par l'impossibilité où j'ai été d’y faire entrer le traité des Articulations, que j'avais eu le dessein d’y comprendre, mais dont l'étendue s’est trouvée trop considérable. Le traité de l’Officine du médecin pouvait aussi bien venir après les traités des Fractures et des Articulations ; ou, pour mieux dire, en quelque lieu qu’on le mette, soit avant, soit après, l'ordre des idées ne sera pas exactement conservé, car ces deux livres, celui des Fractures et celui de l’Officine du mt: decin, se supposent l’un l’autre. Commence-t-on par le livre de l’Officine du médecin, il y a des phrases qui, pour être bien comprises , exigent qu’on ait lu le traité des Fractures; telle est celle-ci : σωλῆνα παντὶ τῷ σχέλει À ἡμίσει. Cette phrase, ainsi isolée, paraît signifier : Mettre une gouttière sous tout le membre ou sous la moitié. Cependant il n’en est rien. Il faut entendre À comme supposant soit un comparatif antécédent, soit une négation, et traduire : 1 faut mettre une gouttière sous tout le membre inférieur, et non sous la moitié» Sans doute on trouve, dans les anciens auteurs, des exemples d’un emploi pareil de ?, et Galien cite ce vers d’Homère: Βούλομ᾽ ἐγὼ λαὸν σόον ἔμμεναι À ἀπολέσθαι, qui signifie : Je préfère le salut du peuple à sa perte. Mais dans ces exemples, comme dans le vers d’Homère, le contexte détermine le sens. Au lieu que dans la phrase d’Hippocrate le contexte ne précise-rien, et il faut se référer au traité des Fractures pour reconnaître le sens de cet 4. Aussi Galien dit-il dans son commentaire : « Hippocrate s’exprime ici comme parlant . à des médecins qui ont lu les livres des Fractures et des 4rticulations (comm. 3, text. 19). » Commence-t-on, au con-
traire, par le traité des Fractures, on ÿ trouve cette phrase : «* Pour le nombre des bandes, il suffit d’abord de prendre les deux portions (πλῆθος δὲ τῶν ὀθονίων ἱχανὸν τὸ πρῶτον, αἵ δύο μοῖραι). » De quelles portions s'agit-il ? et quelle est la longueur de ces portions? Cela est expliqué dans le traité de l’Officine du médecin, où on lit: « La longueur des bandes sera de trois, quatre, cinq ou six coudées, et la largeur de trois, quatre, cinq ou six doigts. » Ainsi, dans le traité des Fractures, il s'agit de deux bandes telles qu’elles sont spécifiées dans le traité de l’Officine du médecin. Ces deux traités se supposent donc, comme je l’ai dit, réciproquement. Pour les bien comprendre, il faut les lire l’un et l’autre; mais il importe peu que l’on commence plutôt par celui-ci que par celui-là. |
Le traité de l’Officine du médecin est un de ceux où l’on a signalé l'extrême briéveté du style d'Hippocrate. Mais, à dire vrai, ce n'est pas de la briéveté, c'est une rédaction incomplète et inachevée. Galien, s’arrêtant sur les difficultés que presque chaque phrase y suscite, dit qu'Hippocrate enseignait la médecine, non à des hommes ignorants, comme on fait de son temps, à lui, Galien , mais à des hommes déjà exercés ( Comm. I, text. 10). Certainement il faut être déjà exercé pour comprendre ce traité, moins propre à enseigner les choses à des gens qui les ignorent, qu’à les rappeler à des gens qui les savent déjà. Dans tous les cas, et Galien le reconnaît lui-même en divers endroits de son commentaire, on a là des têtes de chapitres, rangées dans un ordre méthodique , mais manquant, les unes de développement, les autres d’une rédaction définitive.
"On peut faire des hypothèses pour s'expliquer cette singularité. Hippocrate avait-il projeté un traité sur le sujet dont il s’agit, en avait-il écrit le canevas ; mais la mort l’empêcha-t-elle d'y mettre la dernière main, et ses fils le publièrent-ils tel qu'ils le trouvèrent ? c’est l’opinion qu’adopte Galien. Α La distance où nous sommes, et avec le peu de docu-
ments que nous possédons, il est difficile de discuter cette hypothèse: cependant il semble impossible qu'il n’ait pas publié quelque chose d’analogue au traité de l’Officine du médecin, puisque le traité des Fractures (nous l’avons vu plus haut) s’y réfère évidemment. D’un autre côté, il semble impossible qu’il l'ait publié tel que nous l'avons ; car ce traité n’est complétement intelligible qu’à ceux qui ont lu le traité des Fractures. Or, le traité des Fractures ayant besoin de la publication préalable du traité de lOfficine du médecin, et le traité de l’Officine du médecin s'appuyant à son tour sur celui des Fractures, il y a là un cercle dont on ne peut se faire aucune idée. Ainsi nous sommes, ce semble, entre deux impossibilités, l'une d'admettre qu'Hippocrate n'ait rien publié de son vivant sur l’officine du médecin, l’autre d'admettre qu'il ait publié ce que nous avons sous ce titre. On est donc poussé à croire qu'un livre traitant de cet objet fut publié par Hippocrate ; que ce livre, nonseulement n’est pas parvenu jusqu’à nous, mais qu'il n'est pas même parvenu jusqu’à l’école d’Alexandrie, anéant qu’il fut avant le temps d'Hérophile et d’Érasistrate; et qu’un sommaire de ce livre nous est arrivé sous Le titre de xat’ intpsiov. Dès-lors on peut supposer ou que ce sommaire est le canevas, le brouillon d’Hippocrate, ou qu'il est un extrait fait par quelqu'un de ses disciples. Dans cette hypothèse, le livre terminé et publié aurait péri, et nous posséderions seulement ou un extrait, ou un canevas.
Cette hypothèse n’a rien de hasardé. En effet, dans ke mode singulier de publication de la Collection hippocratique, il y a des cas où les extraits nous sont parvenus avec les originaux. Ainsi, le traité des Fractures contient un chapitre fort intéressant sur les lésions du coude ; ce chapitre figure en extrait dans le Mochlique, et le même extrait est reproduit dans le livre des Articulations. Il eût pu se faire que le chapitre complet (celui du livre des Fractures) eût péri, et que nous ne possédassions que l’extrait. Mais cela même
n'est pas une hypothèse, c’est un fait ; en eflet, le traité des Fractures, tel que l’auteur l’avait composé, tel qu’il existait, non pas avant Galien, mais avant Hérophile et Érasistrate, contenait un chapitre sur les lésions du poignet ; ce chapitre y manque ; mais on le retrouve en extrait dans le Mochlique et dans le traité des Articulations. I] se peut donc fort bien (car nous en avons des exemples dans la Collection hippocratique ) que nous possédions l’extrait ou le canevas d’un livre qui a péri. Cela, au reste, trouve une explication dans la manière dont j’ai supposé que la Collection hippocratique avait été publiée {voyez Zntroduction, τ. 1, chap. XI). J'appelle l'attention sur la répétition qui existe entre le 615 et le $ 19. C’est exactement la même pensée ; l’expression est seulement différente. Pour expliquer cette répétition, Galien dit qu'Hippocrate avait consigné sur son manuscrit cette double rédaction de sa pensée , se réservant de choisir celle qui lui conviendrait mieux , et que le copiste qui fit la première édition du livre les inséra l’une et l’autre dans le texte. Cette répétition indiquerait donc d’après Galien que le traité De l’officine du médecin est un canevas laissé par Hippocrate. Un autre passage confirme cette manière de voir, c’est le $ 20 ; certains exemplaires portaient ὅτι, et dèslors c’est une pensée intercurrente qu’Hippocrate se proposait de développer, mais qui est restée sans développement. D’autres exemplaires portaient διότι, interrogation qui montrerait qu'Hippocrate avait le dessein d’examinerla question, mais d’où il résulte aussi que nous n’avons qu’une note consignée par lui pour mémoire. En regard de ces indications fugitives, qui concordent, mais dont je reconnais sans peine le caractère conjectural, il faut placer le $ 18 , qui paraît nous conduire à un autre point de vue. Ce $ 18 exprime en abrégé ce que le $ 5 du traité des Fractures exprime avec tout le développement nécessaire. Dans l’un et l’autre, la pose des attelles est fixée au septième jour. Cela est naturel dans le 5 du traité des Fractures,qui est relatif à la fracture
de l’avant-bras, mais cela ne l’est pas dans le 6 18 du traité
de l'Officine du médecin , qui paraît contenir une règle générale; car les attelles se mettaient au septième, au neuvième, au onzième jour, suivant qu’il s’agissait du bras, de l’avantbras , ou de la cuisse. On serait donc porté à croire que ce $ 18 est un extrait fait directement sur letraité des Fractures. Toutefois il se pourrait aussi que dans ce livre de l’Officine du médecin , considéré comme un canevas, eussent été con— signées des idées dont la plupart entrèrent dans un traité de l’Officine du médecin , complètement rédigé, mais perdu , et dont quelques-unes ont servi à la composition du traité des Fractures.
Un grand livre avait été composé par Hippocrate, il comprenait des généralités sur les pansements et les appareils, la doctrine des fractures, celle des luxations et celle des plaies de tête. De ce grand livre il nous reste cinq fragment: non coordonnés entre eux, et qu’il est impossible de rapprocher. Le traité des Fractures est mutilé à la fin; celu des Articulations offre des interversions, et contient même ua extrait d’un chapitre de celui des Fractures ; le traité des Plaies de tête est sans fin bien arrêtée ; le Mochlique est un extrait du livre des Articulations , mais extrait où les matières sont mieux rangées; enfin le livre de l’Officine du médecin est ou un extrait ou un canevas, dans un état tel qu'on ne peut le placer ni avant ni après le traité des Fractures, avec lequel il a tant de connexions. Mais, je le repète, ces extraits, ces mutilations , ces dislocations, ces interversions, tout cela est antérieur à l’ouverture des écoles alexandrines; et dès-lors, le grand traité qu’'Hippocrate avait composé sur les lésions des os n’était plus qu’une ruine.
BIBLIOGR APHIE.
MANUSCRITS
Cod. Med.=—B 2146—C 2954—D 2144—F 2141—G 2142—H
2140---Ἰ 2143—J 2145—K Cod. Sev.—L 2247 —M 2248—N 1849 (1)—P
Cod. Fev.—Q"
ÉDITIONS, TRADUCTIONS ET COMMENTAIRES
Chirurgia e græco in latinum conversa, Vido Vidio interprete, Lutetiæ, 1544, in-f°. (p. 343, avec la traduction du commentaire de Galien).
Le médecin-chirurgien d’Hippocrate le grand, Paris, 1560, in-16.
Hippocratis de officina et de fractis, edente Fr. Mar. Bosquillon, Paris, 1816. in-4° et in-8°.
* Ce manuscrit, que je n’ai pas indiqué dans ma notice, contient le Commentaire de Galien sur le χατ᾽ inrpetov. Il est sur papier, et du xive siècle,
* Galien dit que le titre de ce livre est χατ᾽ ἰητρεῖον, mais qu'il aurait mieux valu l’intituler περὶ τῶν κατ᾽ ἰητρεῖον, ainsi que quelques-uns intitulent le livre de Dioclès, celui de Philotimus et celui de Mantias. En effet, ces médecins ayant composé chacun un traité sur ce même sujet, le titre en est, dans la plupart des exemplaires, simplement χατ᾽ ἰητρεῖον sans la préposition et l’article, mais il est, dans un petit nombre, avec la préposition et l’article, περὶ τῶν xar” inrpetov. Galien donne ici quelques détails qui intéressent l’authenticité du texte hippocratique. Il parle d’exemplaires de trois cents ans de date, comme étant les plus anciens que de son temps on pût se procurer. Mais il ne faudrait pas conclure de là que le texte de la collection hippocratique n’est garanti que jusqu’à cette date de trois cents ans, c’est-à-dire environ cent ans avant Jésus-Christ; caril ajoute immédiatement : « Je me suis décidé à prendre en considération tout ce qui se trouve dans les premiers commentateurs, afin de déterminer les véritables leçons par la comparaison du plus grand nombre de ces auteurs et de ceux qui méritent le plus de confiance. Le résultat a dépassé mon espérance. J’ai trouvé, à peu de chose près, une concordance parfaite entre nos plus anciennes copies des livres hippocratiques et les livres des premiers commentateurs. Aussi ne puis-je assez admirer la témérité de ceux qui, ayant écrit hier et aujourd'hui des commentaires sur Hippocrate, ou ayant donné une édition complète de ses œuvres, tels que Dioscoride et Artémidore surnommé Capiton, se sont permis de changer les anciennes leçons, » De ce passage il résulte que le texte de la Collection hippocratique cest garanti depuis qu’il a été commenté. Le traité actuel De l’officine du médecin avait été commenté par Bacchius, attaché à la secte hérophilienne, et sinon disciple direct d'Hérophile, du moins contemporain de Philinus, auditeur, ἀχουστὴς, de ce célèbre médecin. Voyez mon Introduction, t, 1, p. 87, et p. 131 et 132,
‘1. Examiner dès le début les ressemblances et les dissemlances ‘avec l’état de santé, les plus.considérables par leurs ffets, les plus faciles à reconnaître, et celles que fournissent ous les moyens d'observation; rechercher ce qui peut se oir, se toucher, s'entendre; ce qu’on peut percevoir en egardant, en touchant, en écoutant, en flairant, en goûant, et en appliquant l'intelligence ; enfin ce qui peut se onnaître par tous nos moyens de connaissance.
3 ἐξαρχῆς K. — 3 χαὶ pro &. +. Gal. in cit. De Hipp. et Plat. dogm. 9, 4, pe 330. — ὁ εὐχόλων gl. FG. — ὁ πάντως παντὴ Gal. in cit, ib. — δγιν. DFGHIJKMN, Bosq. — 7 χαὶ θ. om. Gal. in cit. 10. - θίγειν vulg. — 8 bei Bosq. — 9 χαὶ τ. à. x. τ. ἀκ, om. Gal. in cit, ib.— "9 &. FGJ. — 11 ῥινὴ C.— prvt Gal. in cit. ib. — "3 γλώττη CDFGHIJKMN.
13 αἴσθεσθαι DFGHIK. - Ce passage semble contenir une répétition entre ἰδεῖν, θιγεῖν, ἀκοῦσαι, et ὄψει, ἀφῇ, ἀκοῇ αἰσθέσθαι ; il avait suscité des explications diverses, les unes improbables et indignes de mention, les autres probables, et dignes d’être rappelées, dit Galien, qui énumère ces dernières. Suivant les uns, Hippocrate veut dans le premier membre que le médecin interroge seulement les qualités simples, ἁπλαῖ ποιότητες, et dans le second, qu’il interroge le corps entier. En d’autres termes, quand Hippocrate dit voir, toucher, entendre, il nomme ces trois sens par forme d'exemple, pour exprimer les qualités considérées isolément et, quand, les ayant ainsi séparées, il passe à la substance même, alors il nomme tous les sens, et il y joint le jugement, l'intelligence (pour). Cette explication, dit Galien, n’est pas dépourvue de raison. D’autres prétendent que le premier membre est relatif au médecin, et le second au malade ; dans le premier, il s’agit de ce que le médecin voit, touche et entend; dans le second, il s’agit de ce que le malade éprouve par la vue, par le tact, par l’ouïe, par l’odorat, par le goût et par l’intelligence (γνώμη). D'autres modifient cette explication pour yvoun seulement, qu'ils rapportent au médecin; le médecin voit, touche et entend, le malade voit, touche, entend, flaire et goûte, et de tout cela le médecin tire une conclusion par le raisonnement. À cette explication s’oppose, dit