‹ Œuvres complètes d'HippocrateChapitre 4 sur 49 · LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE, 29 REGENT-STREET · texte numérisé non relu

LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE, 29 REGENT-STREET

AVERTISSEMENT

Dans l’intervalle qui s'écoule entre la publication de deux volumes de cette édition, il arrive que des livres relatifs à mon sujet et que je n’avais pu me procurer, parviennent entre mes mains, et que des critiques sont publiées sur di-

vers points de mon travail. Ces livres et ces critiques sont pour moi l’objet d’une étude attentive ; tantôt les raisons que j'y trouveprévalent dans mon esprit, et je me corrige ; tantôt je persiste dans ma manière de voir, et je tâche de me rendre un compte exact de ma persistance. C’est le résultat d’un examen pareil que j'ai soumis au lecteur dans l'Avertissement du deuxième volume, et que je vaislui soumettre dans l'Avertissement du troisième. |

I. M. Fuster, auteur d’un livre où il considère Jes maladies du point de vue climatologique 1, et οὐ 165 faits ainsi groupés prennent une signification étendue, a été amené par la nature de son sujet à examiner les doctrines d’ Hippocrate relatives à l'influence des saisons, et les histoires que ce médecin a consignées dans 165 Epidémies. N’étant point tombé d’accord avec moi sur le résultat de la discussion à laquelle je me suis livré t. IT, p. 533-582, il en a fait l’objet d’une critique dont je vais mettre un résumé sous les yeux du lecteur.

Si je comprends bien M. Fuster, sa critique porte sur les deux points suivants : |

1° J’ai eu tort de dire que les maladies dont il s’agit dans les Epidémies, sont dissemblables de celles que nous obser-

(‘) Des maladies de la France dans leurs rapports avec les saisons, ou Histoire medicale et metéorologique de la France.

Paris, 1840.

τὶ AVEBTISSEXENT.

vons ici, à Paris. Les maladies des Epidémies, répondant à celles qui régnent dans le midi de l'Espagne. en Italie. dans je midi de la France, sont analogues à ceïles qui regnent à Paris pendant l'été.

2° J'ai eu tort d’assimiler les maladies des Epidémies aux fièvres observées par M. Maillot ‘ en Algérie, [65 fièvres observées par M. Maillot renferment un élément intermittent qui manque dans les observations recueillies par Hippocrate.

Je vais examiner j’un après l'autre ces deux points de pathologie. | |

Pour juger la question de savoir si les maladies décrites par Hippocrate dans ses Epidémies ressemblent à celles qu’on voit à Paris pendant l’été, je me référerai, non à mes propres chservations, mais aux Cliniques qui ont été publiées et que chacun peut consulter. Qu'on prenne le volume de la Clinique de M. Andral où sont les fièvres, qu’y trouvera-t-on ? A côté des fièvres typhoïdes ou dothiénentéries, caractérisées soit par l’autopsie cadavérique, soit par les symptômes , on rencontre un grand nombre de fièvres qui ont reçu diverses dénominations, et que les auteurs désignent tantôt par le nom de fièvres bilieuses, gastriques, muqueuses, tantôt par celui de synoques, tantôt par celui d’éphémères prolongées. J’ai relu attentivement tous ces cas, et je les ai trouvés, dans leur généralité, essentiellement dissemblables des cas rapportés par Hippocrate. Dans ces fièvres de Paris manquent : l'invasion brusque desymptômes très alarmants, la sécheresse et la noirceur de la langue dès le premier ou le second jour, la tension des hypochondres, le gonflement de la rate, les redoublements généralement tierces, les refroidissements intercurrents de tout le corps et persistant par fois beaucoup plus de vingtquatre heures, les refroidissements prolongés et souvent

(:) Traité des fièvres, ou irritations cérébro-spinales intermittentes. Paris, 1836, in-8°.

AVERTISSEMENT. VI

répétés des extrémités , les lividités des membres, les apyrexies intercurrentes.

Cela donne aux observations du médecin grec un cachet tout différent de celui que portent les observations du médecin français. Il est bien entendu que je parle ici du tableau général. Rien n’est absolument tranché en pathologie : on trouve, dans la Clinique de M. Andral, quelques cas qui touchent par des symptômes aux descriptions d’'Hippocrate ; et réciproquement, on trouve , dans Hippocrate, quelques cas qu’il serait difficile de distinguer, pris isolément, de certains de ceux de M. Andral. Mais l’ensemble où les uns et les autres sont placés, en détermine respectivement le caractère, ou du moins permet de n’en tenir compte que comme exceptions. Ce que je dis de quelques cas de la Clinique de M. Andral, s’applique aux différentes épidémies observées, çà et là, dans des localités plus ou moins affectées annuellement de fièvres intermittentes, où, sous l’influence de causes fort peu connues, on peut voir, et on voit en effet naître des fièvres bilieuses dont la ressemblance est grande avec celles d’Hippocrate. Je citerai pour exemple l’épidémie de fièvres bilieuses qui ἃ régné à la Maison Centrale de détention de Limoges pendant l’année 1833, épidémie décrite par M. le docteur Voisin (Gazette médicale, 1834, 2° série, t. 2, p. 289).

Ayant signalé les différences essentielles , j’abandonne ce point de pathologie à l'examen de ceux qui voudront approfondir la question, en les engageant à séparer soigneusement ce qui se rapporte à la fièvre typhoide ou dothiénentérie, et je passe à l’examen de la seconde objection. ' .

Les observations d’Hippocrate contiennent-elles un élément intermittent ? D'abord expliquons 66 qu'il faut entendre par là. Dans les pays chauds, par exemple en Algérie, à Rome et dans la Morée , on voit, surtout à mesure que les chaleurs du printemps, de l’été et de l’automne se

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