‹ Œuvres complètes d'HippocrateChapitre 43 sur 49 · Un blessé, pour en venir à notre objet, présenta le · texte numérisé non relu

Un blessé, pour en venir à notre objet, présenta le

le bras dans la supination; voilà donc deux modes de faire condamnés par Hippocrate, le premier mettant le bras fracturé dans la position d’un archer tirant de l’arc, le second dans la supination. Il en résulte nécessairement que le premier n’est pas relatif à la supination. Des deux manières dont Galien exprime ce premier mode, la supination ou une position très voisine de la supination, la dernière seule, on le voit, est conciliable avec l’en- ὁ semble du texte hippocratique. Pour savoir au juste quelle était la position du bras de l’archer décochant une flèche, il était nécessaire d'examiner des figures antiques. Les bas-reliefs du temple de Jupiter, à Égine, temple dont la construction appartient au siècle même d’'Hippocrate, nous fournissent tous les renseignements nécessaires à cet égard. Nous y trouvons des figures d’archers décochant une flèche. Remarquons que, dans le passage d’'Hippocrate, il s’agit du bras gauche, ainsi que cela résulte de ce qu’il dit quelques lignes plus bas : « Sans doute, dans cette position, le bras a toute son inflexibilité, toute sa tension, et il ne cède pas, tandis que la main droite tire la corde. » Dans l'ouvrage intitulé : Expédition scientifique de Morée ordonnée par le gouvernement français, 5° vol., Paris, 1838, on voit, pl. 60, 41. fig., homme agenouillé sur le genou droit, la jambe gauche pliée à angle obtus; l'arc est tenu dans un parallélisme parfait avec la direction du corps, c’est-à-dire que l’une des extrémités est en haut, et l’autre en bas. Le bras gauche est dans l’extension complète ; il tient l’arc par le milieu, et est dans la position exactement intermédiaire ἃ la supination et à la pronation. Le bras est vu par la face interne. 2° fig., même attitude, sauf que le bras est vu par la face externe; pl. 66, 4re fig., même attitude, même position du bras gauche vu par sa face interne; pl. 68, 2° fig., même attitude, même position du bras vu par la face externe. Ces figures montrent que Îa position du bras gauche pour l’archer décochant une flèche, est exactement intermédiaire entre la pronation et la supination. Elles sont complètement d'accord avec le texte hippocratique, qui distingue positivement la supination de la position de F’archer lançant une flèche ; mais elles sont en désaccord avec le Commentaire de Galien, ou du moins avec une partie de ce Commentaire. Car, cet auteur disant que cette position de l’archer est la supination ou une position trés voisine de la supination, il faut abandonner complètement la supinaltion; et quant à la position trés voisine de la supination, il faut l'entendre d’une position exactement intermédiaire entre la supination et là pronation. C'est, au reste, ce que cet auteur dit lui-même en termes exprès dans un autre de ses ouvrages : « Le bras étant étendu modérément, l’avant-bras étant dans une extension ét une supination complètes, et le carpe ainsi que les doigts étant dans l'extension, le membre supérieur est dans la position que nous lui donnons quand nous avançons la main pour TOM. 11. 27

: Des critiques, dans l’antiquité avaient proposé de lire ἧς au lieu de οὗ. « Un de ces médecins qui se croient habiles (τῶν δοξοσόφων δέ τις ἰατρῶν), dit Galien, réformant la phrase présente, qu'il ne jugeait pas correcte, écrivait ainsi : τὴν οὖν χεῖρα περὶ ἧς ὁ λόγος. Sans doute il-nous montrait par là l'instruction qu’il avait acquise à l'école des professeurs de grammaire et de rhétorique ; mais il montrait en même temps sôn ignorance de l’habitude de style la plus familière à tous les auteurs anciens, à savoir l'habitude des ellipses. » Je pense que Galien veut dire que περὶ οὗ est relatif non à χεῖρα, mais à tout le sujet dont il s'agit

2 ἔδωκε Bosq. - ἐδόκεε vulg. - Le manuscrit grec P, qui contient le Commentaire de Galien sur ce traité, et seulement les premiers mots de chacun des textes commentés, a ἔδωχε. Dans le courant du Commentaire de Galien, il y a ἔδωχε, on vient de le voir dans la note précédente. Enfin Galien paraphrase ce verbe par παρέχουσι, On ne peut donc douter que la correction de Bosquillon ne soit parfaitement autorisée. — % Post τις addit καὶ 6. -- τι καὶ F mut, in τις καί,

᾿Α4 ἐπιδῆσαι πρηνέα MN, et in marg. καταδῇῆσαι καταπρηνέα. -- ἐπιδῆσαι mpavéa Β. - χαταδῆσαι καταπρηνέα vulg, -- χαταδῆσαι πρηνέα H. - καταδέεσθαι πρηνέα Bosq. - Là dessus Galien dit dans son Commentaire : « Généralement les blessés présentent au médecin le bras dans la position convenable ; mais quelques-uns, par excès de zèle, dépassent le but naturel, qui est l'absence de douleur, pensant que la pronation est une position meilleure. Mais jamais blessé ne présente au médecin la main dans lé supination; car cela l’éloigne trop de la position qui ne cause pas de douleur. De leur côté, quelques médecins, à lu fois par ignorance et par prétention à l'habileté, adoptent la supination ; et pour cela ils donnent au bras une position semblable à celle que prennent les archers quand ils décochent une flèche, c’est-à-dire qu’ils le nfettent soit dans une supination complète, soit dans une position très rapprochée. « ὡς τὸ πολὺ μὲν ἐν τῷ προσήκοντι σχήματι τὴν χεῖρα παρέχουσι τοῖς ἰατροῖς ci ἰδίωται * τινὲς δὲ αὐτῶν ὑπὸ πε: ρἱεργείας τὸν μὲν φυσιχὸν σκοπὸν ὑπερθαΐνουσιν, ὅστις ἦ τὸ ἀνώδυνον, πρηνὶς τοῦτο εἶναι νομίζοντες βέλτιον, οὐ μὴν ὑπτίαν γέ τις ἰδιώτης ἑατρῷ παρέχει τὴν χεῖρα " πάνυ γὰρ ἀποχεχώρηχε τοῦ ἀνωδύνου τοῦτο τὸ σχῆμα. Τῶν ἰατρῶν δ᾽ ἔνιοι δι᾽ ἀμάθειαν ἅμα καὶ δοξοσοφίαν προσίενταί ποτ᾽ αὐτὸ, καὶ διὰ τοῦτο παραπλησίως τοῖς τοξεύουσι τὴν ὅλην χεῖρα σχυματίζονται, οἱ μὲν ἀχριθῶς δπτίαν, οἱ δὲ ὀλίγου δεῖν οὕτως ἔχουσαν. J'ai rapporté le texte même deGalien, parce qu'il a besoin d’une petite explication. Galien dit que les médecins que bläme ici Hippocrate, placent le bras fracturé dans Za supination ou dans une position rapprochée de la supination. Mais plus lois, p. 425, 6 3, Hippocrate, blàämant la pratique d’autres médecins, dit qu’ils placent

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