‹ Œuvres complètes d'Octave Feuillet Scenes et comediesChapitre 34 sur 74 · I.EONORV · texte numérisé non relu

I.EONORV

Eli bien ! parlez.

CARNIOLI. (Il prend son chapeau, salue profondément ï.eonora, et se dirige ver - la porte. Au moment de sortir, il murmure en riant dans sa barbe : )

Allons, je n’ai pas mal joué cela! (il sort )

Matleo ! («atteo rentre.) Faites entrer ce monsieur. — Ah ! Matleo Veillez à ce que je vous ai dit. (Maiteo sort )

LEOXORA, seule un instant. Elle se soulève, jette un regard dans une glace placée derrière elle, et se rasseoit. Elle demeure pensive, la tète dans sa main. — ROSWEIN entre : ses traits sont altérés.

LEOXORA, d une voix onctueuse.

Monsieur Roswein... (Elle le regarde un moment.) j’ai entendu dite que vous alliez vous marier... Vous venez apparemment m’inviter à votre noce?

ROSWEIN, troublé.

Ma démarche, madame, je le sais...

Votre démarche, monsieur, m’honore beaucoup. Com-

ment ne serais-je pas flattée jusqu'au fond de l’Aine des sentiments de considération particulière pour ma personne nui vous l'ont évidemment inspirée ? Il est vrai qu a la rigueur je pourrais me plaindre de l’heure que vous avez choisie pour effectuer votre politesse; mais ce n est la qu’une vétille, et l’on ne regarde pas aux formalites quan on est une paire d’amis comme nous sommes, vous et moi,

monsieur Roswein. n’est-il pas vrai?... («W* ^ Eh bien! est-ce que vous vous trouvez mal, monsieur. \ous

êtes d’une pâleur effrayante.

ROSWEIN, d'une voii faible.

Je me retire... J’étais venu simplement pour vous remettre... ce mouchoir... qui, m’a-t-on dit, vous appar-

tient. LEONORA, prenant le mouchoir cl se levant.

Mais vous vous trouvez mal, cela est certain... Je vais

sonner. (Eue 1ère.) RÔSWE1 „

Non... de grâce ! Je me retire. (» >e dirige ver* u porte d’un pas

chancelant )

LF.ONORA, avec le même Ion de sécheresse et de froide réserve.

Vous allez tomber... Asseyez-vous jusqu’à ce que vous soyez mieux. Je vous laisse, vous serez plus libre. (F.iieaou-

une portière et entr'ouvre une porte la'tér.lc ; puis elle se retourne, et voyant Roswein qui s'appuie d’une msin tremblante sur un meuble :) Mon

Dieu! mais c’est un enfant tout à fait... Asseyez-vous donc!... et ne vous brouillez pas la cervelle plus longtemps... C’est une affaire terminée. (Eilerevicot et ajoute avec une vivacité impérieuse:) Voyons! AsseyeZ-VOUSl ,*«we'n tombe sur un fauteuil, te front dans sa main. Leonora hausse les épnules et se rejette sur le divan.) Vous êtes, à ce que je vois, monsieur André, un de ces nécromanciens à cœur tendre qui s évanouissent devant l’apparition qu’ilsont évoquée?

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