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la syzygie s'étant déclarée soudain avec une puissance énorme, il en résulta naturellement un contre-coup sur la marée, — si bien que notre capitaine, malgré toute sa bonne volonté, ne put gagner le large avant la nuit close. La conséquence fut que nous rencontiàmesen travers du détroit cette maudite felouque algérienne, qui nous salua d’abord d’une effroyable volée dans les côtes.
• LA MARQUISE
Miséricorde! Et alors le combat s’engagea, dis, Frontinî
PRONTIN.
il ne fut pas long, madame. Le Turc, suivant sa .coutume, en vint tout de suite à l’abordage, ce que.vp; moi, je montai promptement dans les hunes, pour miefi dominer l’ennemi. Là, je me comportai de façon, je crois, que si chacun eijt fait de même, les choses auraient pu tourner différemment Au reste, pour ne pas insister sur ce qui m’est personnel, vous saurez simplement, Madame, qu’après le combat, lorsqu’on déchargea mon mousquet, on y trouva quinze cartouches à balle l’une sur l’autre.
La MARQUISE, avec admiration.
Quinze cartouches, Frontfn ?
FRONTIN
Quinze, madame. J’en ai retenu le chiffre. C’est asscr vous dire de quelle rage j’y allais.
le marquis.
Dis que tu avais peur, coquin, et que tu ne savais plus ce que lu faisais !
FROSTIN, ae levant, avec uneindigation contenue.
Décidément, il parait que monsieur connaît mieux l’hisloirc que moi ! Eh bien ! qu’il la conte! qu’il la conte! Je t’écoule.
L’URNE
LA MARQUISE
N’y prends pas garde, Frontin. — Mais ton maître, mon ami, ton malheureux maître t
FRONTIN
Oh ! pour M. le comte, madame, c'était un archange!... Entouré de*càdavres, les pieds dans le sang jusqu’à la cheville, il tenait tête lui seul au flot des corsaires, lorsque tout à coup... son épée se rompit à ras du pommeau.
LA MARQUISE
Achève, Frontin, achève !... Par qui... comment reçut-il
FRONTIN
Le coup mortel, madame?... mais il ne le reçutqîns. Dieu merci! puisqu’il vit encore.
LA MARQUISE
Qui?... le comte?... Que dis-tu?... le comte vivant!
LA MARQUIS, accourant.
Parle, parle vite, misérable!
FRONTIN
Mais, sans nul doute, madame, il est vivant, et ]c .’ous cautionne que, sauf un peu d’ennui de son esclavage, il se porte à merveille.
LA MARQUISE, déraillant. ' .. .
Ah!... ciel!... (Elle sc laisse tomber sur un canapé; Lisette lui donne des secours.)
LE MARQUIS
Voyons, marquise, voyons, remetlez-vous ! 11 ’ y a ici quelque imposture, quelque infernale machination dont j'aurai le secret. — Approche, toi, traître! Confesse que tuas menti i
^'rmr
vf"
FRONTIN
Monsieur, je n’ai dit que l'immaculée vérité, (ta marquise entr ouvre les yeux, etécoute.) M. le comte, blessé et fait prisonnier, ainsi que moi, a enfin obtenu du dey, après dix-huit mois de captivité, des conditions de rachat raisonnables, et l’on m’a envoyé, moi, pour chercher la ratpçpn convenue. J’ai sur moi, monsieur, divers parchemins à l’appui de mon dire, et d’abord voici une lettre du père prieur du couvent de la Merci, avec le cachet de l’ordre. (U montre le
parchemin.)
LF. MARQUIS, après avoi^lf.' ^ i/L A
El qui m’assure que cette pièce n’esTpbint fausse? , ^
FRONTIN
En traversant Paris, j’ai fait apposer au bas le visa du ministre.
LE MARQUIS
On surprend tous les jours des signatures.
FRONTIN
Enfin, monsieur, — qui avez la créance si dure, — je pourrais vous faire voir un certificat du consul de Naples à Alger, attestant... *
LE MARQUIS
Ah ! parbleu ! tu tombes mal, mon garçon ! le consul de Naples à Alger est M. de Gariga, que j’ai connu intimement à Paris, et dont j’ai reçu nombre de lettres. Voyons, voyons ce certificat.
FRONTIN
Le voici, monsieur. ILc marquis prend la lettre et la lit attentivement.)
LA MARQUISE, d'une voix faible.
Eh bien, marquis ?
L'URNE
LE MARQUIS, brusquement, rendant la lettre à Frontin.
Eh bien, madame, je suis cassé aux gages, voilà tout !
(Il s'assied avec violence.)
LA MARQUISE
11 est donc vrai ! — Et l’on t’envoie vers moi, Frontin ?
FRONTIN
Expressément, madame ! Comme toute la fortune de M. le comte a passé, sur le bruit de sa mort, aux mains d’héritiers qu’il faudra dessaisir par un procès, M. le comte espère que madame la comtesse lui fera l’avance de la rançon qu’on lui demande.
la marquise.
Et quelle rançon demande-t-on ?
FRONTIN
Pour lui et pour moi, madame, l’un dans l’auire, cent mille écus.
LA MARQUISE, avec une nonchalance plaintive.
Cent mille écus! la somme est forte, Frontin; cependant elle ne m’effraie pas, — et, si je l’avais, je la donnerais de grand cœur. Mais quand je vendrais tout ce que je possède, quand je me priverais de tout au monde, je ne crois pas que je pusse disposer de cent mille écus. Au reste, je suis prête à tout. Le comte connaît ma position. Veut-il que je tombe dans la plus extrême misère, que je n’aie plus de quoi me couvrir ?... S’il le veut, qu’il le dise.
FRONTIN
Madame, il voudrait bien ne plus recevoir le fouet. — Voilà ce qu’il voudrait pour le moment.
LA MARQUISE
Le fouet !... Est-il possible qu’on fasse subir un traitement si indigne à un homme de sa qualité?
FRONTIN
OI> ! madame, si encore il n’yavaitque sa qualité enjeu... mais ce n’est pas sur sa qualité qu’on le fouette !... — Enfin que me commande madame la comtesse ?
LA MARQUISE, lentement, avec meure et réflexion.
Écoute, Frontin, voici ce que tu as à faire : — Tu va* retourner à Alger ; tu diras au comte que je n’ai point cessé de le pleurer jour et nuit, que la fidélité de mon amour et l’obstination de ma douleur sont ici le bruit dé toutes les
conversations; qu’au demeurant j’ai peu de temps à vivre, parce que je suis attaquée d’un mal intérieur, qui déjoue la science des plus habiles médecins : que, quant aux cent mille écus, je ne les ai pas... mais que je vais, dès à présent, m’appliquer à faire des économies, me mettre au pain et à l’eau, s’il le faut, et que, dans peu d’années, si je vis...
LE MARQUIS, se levant.
Non, madame, non ! il ne sera pas dit qu’une personne qui, après tout, m’a honoré d’un instant de bienveillance, en soit réduite aux privations, et peut-être à un deuil éternel, lorsqu’il dépend de moi de l’y soustraire ! J’ai, moi, ces cent mille écus, et je les prête, non pas à vous, madame, qui probablement les refuseriez de ma main, mais au comte, dont la situation autorise de ma part cetle liberté.
FRONTIN, d'un ton pénétré.
Ali ! monsieur, vous faites là une belle action !
LA MARQUISE, toujours plaintive.
Oui, marquis, c’est bien, — c’est très-bien ; mais j'ai à vous parler. - Lisette, conduis Frontin à l’office, puis tu reviendras.
FRONTIN, avec dignité. *
Monsieur, vous faites-là une belle action! «=- Allons
L'URNE
déjeuner! (U fait quelques pas et se retourne.) Je vais boire à
vous , monsieur , et à la belle action que vous faites !
(Il sort arec Lisetto.)
LA MARQUISE
Ce trait chevaleresque, monsieur, me pénètre de grati- tude. J'ai peur seulement que vous ne vous gêniez beau-
coup.
LE MARQUIS
Non, madame: l’existence à laquelle je suis voué désormais, les projets ultérieurs que je médite me permettent ce sacrifice.
LA MARQUISE
Quelle existence? quels projets ?
LE MARQUIS
Mais, madame, l'existence d’un célibataire, car, votre premier époux n’étant point mort, notre mariage devient nul de plein droit. Quant à mes projets, je vous l’avoue, je ne compte point demeurer longtemps en Fiance; j’y serais exposé à de trop pénibles souvenirs et à de trop fâcheuses rencontres. La guerre d’Amérique ouvre en ce moment aux gens de cœur une séduisante carrière : j’irai 'voir ce que peut pour la cause de la liberté l’épée d’un gentilhomme. (Lisette rentre.) Souffrirez -vous, madame, que je m’installe dans votre bibliothèque pour écrire sans délai à mon procureur au sujet de ces cent mille écus?
LA MARQUISE
Faites, monsieur, faites. (Le marquis entre dans une pièce voisine dont la porte reste entr'ouverte. La marquise est assise sur un canapé, la tête appuyée sur sa main, Lisette debout prés d’elle A sa camériste, tristement.) Eh bien! Lisette?
LISETTE
Eh bien ! madame ï
LA MARQUISE
Me voilà au comble de la joie, Lisette. (Elle fond en larme» )
LISETTE
Oui, madame, c’est comme moi. (Elle s’essuie les -eu».)
LA MARQUISE
Je pleure cependant, mon enfant, parce que chez une femme tous les sentiments, tu le sais, se traduisent par des larmes.
LISETTE
Je pleure aussi, moi, madame; mais, ma foi! ce n’est pas de joie !
LA MARQUISE
Que dis-tu donc? quand le ciel te rend Frontin!
LISETTE
Le ciel est trop bon!... Ah ! madame, que ce garçon-là gagne à être défunt 1 — Je loi avais prêté de mon fonds loulcs sortes do vertus pour piquer Lafleur d’émulation... ;
LA MARQUISE
Mais c’était de la coquetterie, cela, Lisette !
LISETTE
Oui, madame... Le pis, c’est que j’avais fini par être dupe moi-même de mes inventions et par me composer un Frontin fort passable. Aussi, quand je l’ai revu, mon premier mouvement a été de me réjouir. J’espérais d’ailleurs que le malheur l’aurait amendé; mais, grand Dieu! c’est tout le contraire, madame... Depuis un quart d’heure qu’il est ici, il a déjà trouvé moyen de me manquer plusieurs fois — avec la dernière gravité... et ce n’est pas tout... Quand il est entré ici en chancelant, madame a cru que c’était de besoin... Eh bien! madame, il était ivre, voilà la vérité, et grâce aux petits suppléments dont nous l’avons gratifié, il roule maintenant comme une chaloupe et ra-
L’LKNE.
conte à ce pauvre innocent de Latlcur des histoires turques — à faire frémir... Ah! madame, pour peu que Ij • maître ait suiri, comme je n’ert doute pas, la môme progression que le valet, nous irons toutes deux eh paradis par la voie étroite, madame !
L V MARQUISE
Mais je ne pense pas, Lisette, que le comte laissât voir, même en germe, des defauts si choquants? »
LISETTE
Oh! non, certainement, madame, et, à part qu’il courtisait volontiers toutes les femmes, excepté la sienne...
LA MARQUISE
Comment! est-ce qu’il élait coureur, Lisette?
LISETTE
Ah ! je vous en réponds, madame, qu’il l’était !... A part cela, dis-je, et à part encore qu’il était joueur comme les cartes, — hantcur de tripots, — brave douteux, — soupeur enragé sur la minuit, — jaloux comme un bourgeois, el ccetera, el ccetera, — je ne lui connaissais pas, en etTet, le moindre germe d’un défaut.
, LA MARQUISE
Mais, ma fille, je te jure que j’ignorais tout cela, ou du moins je l’avais oublié. Je me souviens seulement qu'd était parfois un peu entêté-
LISETTE
Oui, un peu, comme une mule!
la marquise.
Assez peu sensible de son naturel.
LISETTE
Comme un caillou.
LA MARQUISB, vivement.
Eh bien! mademoiselle, après tout, quand cela serait, ou voulez-vous en venir? qu’est-ce que tous ces propos signi- , Gent? Quand vous m'aurez prouvé clair comme le jour que ie comte était un ogre et un monstre, — quand vous m'aurez prouvé par surcroît, — car c’est là que vous tendez, — que le marquis a plus de mérite dans son petit doigt que le comte n’en eut jamais des pieds à la tête, — qu’en résultera-t-il? Suis-je cause de ce qui arrive, moi?... puisje l’empêcher?... Vous voulez donc me désespérer, me faire perdre la tête? Allez-vous-en! laissez- moi seule! laissez-
moi !... Ah ! (Bile aperçoit le marquis, qui est sorti tout doucement de la bibliothèque.) Comment !
écoutiez!
LE MARQUIS
Non, madame, je ne suis venu que quand vous avez élevé la voix, et je n’ai saisi qu’un petit nombre de paroles — que vous allez assurément vous empresser de rétracter d’abord que me voilà.
LA MARQUISE, se levant et s'approchant à petits pas du marquis.
(D’une voix émue et caressante.) Non, monsieur, non, je ne rétracte rien. Je suis une grande coupable, mais je suis bien sévèrement punie... J’ai joué avec vos sentiments, monsieur, — c’était mal... mais, hélas! je jouais avec les miens aussi!... Excusez- moi... je suis une enfant, — une enfant qu’on a toujours gâtée, malheureusement. Je vous jure, monsieur, que mes intentions étaient pures... J'avais si mal réussi à me faire aimer du comte en lui ouvrant tout bonnement mon cœur, que j’espérais être plus heureuse avec vous en usant de ruse... en atermoyant un peu... Si vous saviez comme au fond ce rôle me pesait! comme j’en étais lasse et embarrassée souvent ! Croyez-moi, je vous en
monsieur, vous étiez là!... vous
nous
L’URNE
prie. . Bien des fois, — ce matin encore, — pendant que vous me disiez là des choses — vraiment charmantes, — je , sentais une envie folle de vous jeter mes deux bras autour du cou ; mais je n’osais pas, je craignais de faire fuir votre amour en l’appelant tx’op franchement... Et puis on a son honneur aussi : on a beau avoir tort et le reconnaître en soi-même, il en coûte de l’avouer... Vous-même, marquis, soyez juste, vous n’êles pas sans reproche : il vous était si
facile de m’arracher mon secret je ne demandais que
cela! Mais vous vous découragiez trop aisément... Vous êtes trop doux, marquis, c’est votre défaut... Une femme aime à sentir de temps en temps sa servitude... Enfin que vous dirai-je, moi? Je m’y suis mal prise, c’est vrai ; mais quoi ! est-ce une raison pour m’abandonner comme vous le faites, sans un mot de regret ni de pitié?... Voyons, monsieur, est-ce que cela est irrémédiable ? (Elle joint les mains.) Je me repens. je me repens sincèrement... Tenez, je vous supplie... emmenez-moi! emmenez-moi où vous voudrez, — en Amérique, — dans les bois, — chez les sauvages... Je vous suivrai partout avec bonheur! partout... toujours... je vous bénirai de m’avoir enlevée à la tyrannie d’un homme odieux, qui est indigne de moi, qui m’a torturée de mille façons durant sa vie et (près de pleurer), qui ressuscite tout exprès pour me contrarier... au moment où j’étais décidée à vous dire que je vous aimais de tout mon cœur!
LE MARQUIS. (Il la regarde un moment en silence, puis il va gravement prendre i*ufne sur le guéridon, et s'approche de la fenêtre.)
Hé ! gare là-dessous ! (U lance l’urne dans la cour.) — Madame, si je croyais en avoir encore le droit, je serais à vos pieds, n’en doutez pas, car vous êtes bien en ce moment la plus gracieuse petite personne qu’on puisse rêver; mais la loi. par malheur, ne badine pas avec les bigames qui s’entèteu »...
IG
11 y a du carcan! et je vous confesse qu’à moins de quelque arrêt nouveau du ciel... (On r.appcàia porte.) Qui va là? (Lafleur entre.) Qu’y a-t-il, Laflcur?
^AKLEUR.
Monseigneur, c’est une lettre qu'un courrier apporte de Versailles à toute bride.
* LE MARQUIS
Donne, (il lit la lettre.) Madame, vous avez certainement des intelligences là-haut : cetle lettre est du lieutenant de police; il me prévient que votre Frontin, échappé effectivement du bagne d’Alger, a imaginé de ressusciter son maître pour nous escroquer cent mille écus.
LA MARQUISE, saisissant la lettre avec vivacité.
Dites-vous vrai ? (Elle lit.)
LE MARQUIS
Lafleur, va vite : assurez-vous du pendard ; mais qu’on ne lui fasse aucun mal.
LISETTE
Non,, monseigneur, soyez tranquille. — Viens, Lafleur, Viens chercher des gaules ! (Elle sort en courant avec Lafleur.)
LE MARQUIS
Et maintenant, madame, n’at-je point à craindre de ce gentil cœur, si mobile, un nouveau revirement?
LA MARQUISE, le regardant fixement.
Celte lettre-ci est venue bien à point... et le reste aussi. . Voyons, voyons donc,... votre course mystérieuse de ce matin,.... ce départ de Lafleur au grand galop,... certains regards sournois que je me rappelle entre vous et Frontin,... tout cela sent bien un peu la manigance, dites-moi?
L'URNE. - 270
LE MARQUIS
Oh! madame!
LA MARQUISE
Non là, en conscience, marquis, qu’ètcs-voiis dans Ionie cette comédie, dupe — ou fripon? •
LE MARQUIS, riant et distillant scs mots.
Eh! madame,... puisque rien ne peut vous échapper, et puisque définitivement le comte est mort, bien mort, n’esl-
Ce pas?... (La marquise fait signe que oui. le marquis incline le genou et lui prend ’a main.j eh bien! franchement,... je suis un j*eu fripon.
LA FÉE
PERSONNAGES
Le Comte H EMU DE COMM1NGES, trente-deux ans.
Le Vicomte HECTOR DE MAULÉON, trente ans.
Mademoiselle AURORE DE KERDIC, soixante ans ; cheveux gris ; un nuage de poudre ; toilette de son âge , mais très -soignée.
FRANÇOIS, son domestique; octogénaire , Apparences de la décrépitude; cheveux et sourcils blancs; il est en culotte et en bas noirs; souliers à boucles.
YVONNET, domestique du vicomte; livrée.
•LA SCÈNE SF. PASSE DE NOS JOURS, EN BRETAGNE, SUR LA LISIÈRE l)E LA FORÊT DE UROCELYANDE.
(('elle forêt est célèbre dans les vieilles légendes bretonne*; on y montre encore La fontaine de l’enchanteur Merlin.)
LA FÉE