‹ Œuvres complètes d'Octave Feuillet Scenes et comediesChapitre 54 sur 74 · I.E MARQUIS · texte numérisé non relu

I.E MARQUIS

Va donc, triple fat !

FRONTIN, à dctni-voii. a pré» avoir regardé le marquis avec inquiétude.

Voilà un voisin bien incommode. (Haut.) Quoiqu’il en soit, les noces se firent, madame, avec la pompe usitée entre personnes souveraines. 11 y eut force joutes, castülcs, combats d’animaux et autres cérémonies — espagnoles. Nous prîmes notre part de ces divertissements, et nous passâmes là quelques jours, — ma foi ! fort agréables, — sans jamais négliger, bien entendu, notre objet principal, qui étÿt, comme j’ai eu l’honneur de le dire à madame la comtesse, de scruter à droite et à gauche, par devant et par derrière, les plis, les replis, les...

LE MARQUIS

Vas-tu recommencer, drôle y

L’URNE

LA MARQUISB.

Passe, pas$e v Frontin.- Tu dois comprendre, mon enfant, toute la vivacité de mon impatience. — Votre mission terminée, vous allâtes vous embarquer à Cadix, n’est-il pas vrai ?

FRONTIN

Oui, madame. Ayant résolu de nous embarquer, nous choisîmes Cadix, — à cause qu’il y a un port de mer, d’abord, — et ensuite pour vérifier par nos yeux la beauté, la grâce, la gentillesse proverbiales de ses... (U sc trouble.) Hem !... de ses... Diantre de biscuits !

LA .MARQUISE

De ses quoi, Frontin?

FRONTIN

De ses promenades, madame.

LA MARQUISB.

Je reconnais bien lk le comte : il se fût dérangé de cent lieues pour voir un joli site. C’était, comme toutes les âmes supérieures, un amant de la nature.

FRONTIN

Oui, madame, de toute la nature. — Bref, le 13 juin au matin, nous nous embarquâmes sur un vaisseau de Marseille, et nous prîmes la mer. — Ah ! Dieu! c’est ici que j’ai besoin de toutes mes forces. (lt vide le verre que lui tend Lisette et reprend »vec gravité : ) Madame la comtesse n’ignore pas que la mer est une vaste étendue d’eau — soumise à l’influence des lunaisons.

la marquise.

Je sais cela, Frontin.

FRONTIN

Eh bien! madame, c’est ce qui fit notre malheur, car

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