MADEMOISELLE DE KE11DIC
C’était clair, en effet, attendu que la vie n’a d’autre fin, évidemment, quedecueillir les fleurs et d’aimer les dames.. Un peu de sucre, monsieur Comminges?... et au bout de tout cela, vous ne vous tuâtes point, décidément?
LE COMTE, sc récriant vivement, avec beaucoup de sérient
Pardon !.... c’est-à-dire je demeurai inébranlable dans ma résolution, et je l’aurais exécutée des le lendemain, si cette soirée n’eût eu des suites tout à fait imprévues... mademoiselle de kerdic.
- Ali !
LE COMTE
, bans cette, suprême expansion des adieux, j’avais osé confier à mes ainis une bizarre pensée qui tourmentait parfois mon esprit, et qui touchait à la démence... Je songeais souvent en effet que j’aurais voulu vivre au temps de ces heureuses superstitions qui permettaient aux hommes l’espoir d’un amour surnaturel... au temps des dieux et des nymphes ..des génies et des fées. (U «'exalte.) Je sentais qu'alors je me serais rattaché à l’existence par l’ardente ambition d’une de ces rencontres mystérieuses... d'une de ccs liaisons enchantées qui charmèrent tour à tour les jeunes bergers de la faille, et les jeunes chasseurs des légendes... Oui... une fée seule eût été capable encore de me faire espérer, aimer et vivre ! Je sentais que mon cœur, assouvi d’amours terrestres, pouvait se ranimer et palpiter encore sous un de ces regards étranges et plus qu’humains, au froissement de ces robes de vapeur, au contact de ces mains immortelles !
MADEMOISELLE DE KERPIC.
Mais c’est de la folie !
LE COMTE, froidement.
Je vous l’ai dit. — Le lendemain, dans la matinée, comme j’achevais d’écrire mes dernières dispositions, un inconnu remettait chez moi ce billet parfumé. (U tire de «on
«cio un billet qu’il donne à mademoiselle de Kerdic — François est rentré en scène, cl écoute.)