‹ Œuvres complètes de A. F. Ozanam (volume 4)Chapitre 28 sur 49 · A M. DUFRESNE · texte numérisé non relu

A M. DUFRESNE

Paris, 21 février 1851.

Mon cher ami,

Si j'ai laissé quelque temps sans réponse votre dernière et bonne lettre, ce n'est ni paresse ni maladie; c'est au contraire que, me portant mieux, j'avais voulu reprendre le travail et terminer pour le Correspondant quelques études sur les Poètes fran-

ciscains l. Il me tardait cependant de vous dire combien la persévérance de votre amitié me touche, et combien il m'est doux de renouer au moins de temps à autre des entretiens où j'ai toujours trouvé tant d'édification et de plaisir. Surtout, je voulais vous complimenter pour l'heureux succès de cette grande affaire qui honore votre carrière publique, et qui fait la joie du catholicisme. En fondant une seconde église à Genève, vous passez de l'état de religion tolérée à celui de communion puissante. Vous constatez le progrès des catholiques dans un lieu où tout conspirait pour les étouffer. Vous établissez une fois de plus que la vérité n'a pas peur des persécutions du pouvoir et n'a pas besoin de ses faveurs. Vous confirmez cette séparation du spirituel et du temporel qui seule, ce me semble, peut assurer le triomphe de l'Église. Tous ces principes ne sont pas inutiles, au moment où tant de bons esprits remettent leur confiance dans les appuis que la Providence avait eu besoin de briser pour nous instruire. « Hi in curribus, et hi in equis; nos aiitem in nomine Domini invocabinius.»

Toute la chrétienté est solidaire, nous croyons à la communion des Saints. Il ne faut donc pas pro-

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