‹ Œuvres complètes de A. F. OzanamChapitre 5 sur 43 · M. DE LAMARTINE A FRÉDÉPJG OZANAM · texte numérisé non relu

M. DE LAMARTINE A FRÉDÉPJG OZANAM

Màcon, 18 août 1831.

Je viens de recevoir avec reconnaissance et de lire avec étonnement pour votre âge et admiration pour vos sentiments et votre talent, l'ouvrage que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser. Recevez tous mes remerciements. Je suis fier qu'une pensée

ÀNNJÉE 183 1.. 25

de moi à peine indiquée vous ait inspiré un si beau commentaire. Croyez que la pensée était en vous, la mienne n'a été que l'étincelle qui a allumé votre âme.

Ce début nous promet un combattant de plus dans la sainte lutte de la philosophie religieuse et morale que ce siècle livre contre une réaction matérialiste. Comme vous, j'augure bien du succès Nous ne le tenons pas; mais la voix de la conscience, celte prophétie infaillible du cœur de l'honnête homme, nous l'assure pour nos enfants. Confionsnous à cet instinct et vivons dans l'avenir.

Agréez, monsieur, les assurances de ma plus fr

haute considération.

Lamartine,

A la fin de l'année 1831, Ozanam partitpour Paris, afin de commencer son droit. A cette époque, l'étudiant catholique ne trouvait, en arrivant dans cette grande ville, aucun point de ralliement. Pas de cercle, d'hôtels, de conférences de toutes sortes, comme on les a fondés depuis et tant multipliés de nos jours avec une si sage prévoyance. Les parents d'Ozanam cependant étaient trop vigilants pour ne pas s'inquiéter du séjour de leur fils à Paris; ils avaient chargé un vieil ami de lui choisir une pension où. il ne courût aucun danger. Le choix du vieil ami ne fut pas heureux et le jeune étudiant ne pouvait pas plus mal tomber, ainsi qu'on le peut voir dans la lettre suivante. Mais la Providence veillait sur lui et ne devait pas l'y laisser longtemps.

Page 1