‹ Œuvres complètes de Alfred de MussetChapitre 20 sur 66 · UNE MATINEE DE DON JUAN · texte numérisé non relu

UNE MATINEE DE DON JUAN

les ardeurs de rélé doit j)l()n^er sa lèle (ians une souree plus pure et plus fraîehe que le eristal; passe, Leporello; j'aime assez en hiver la neige où personne n'a marché.

Voici donc une jeune ùWc hien élevée, dûment talonnée par une gouvernante pourvue de lunettes bleues.

DON JUAN

Oh ! c'est trop long, il faut des quinze jours à ces scrupules-là.

LEPORELLO

Que dites-vous d'une doucereuse momie qui joue la poitrinaire? Elle tousse à petit bruit comme un académicien qui va lire une complainte de réception.

DON JUAN, bâillant.

Ah! ah! tiens, Leporello, déchire le billet.

LEPORELLO

Ma foi, monsieur, il est tombé.

DON JUAN

Ah! à quel propos?

LEPORELLO

xV propos du plus petit pied que j'aie encore vu ; la demoiselle, du reste, est voilée ; je lui donne bien quinze ans. La voilà qui se baisse et ramasse. — Elle lit. Oh! quels yeux noirs! Sa gouvernante n'a rien vu.

grâce à Dieu.

DON J UAN.

Et qu'en dit-elle?

126 MÉLANGKS DE LITTEHATURE.

LEPORELLO

La main tremble.

DON JUAN

Comme le cœur.

LEPORELLO

Elle se retourne et ne sait d'où la manne* est tombée.

DON JUAN

Applique sur tes lèvres épaisses tes doigts crochus, et dépéche-lui un gros baiser.

LEPORELLO

Elle en rit.

DON JUAN

Ah! miséricorde! c'est une grisetle ! A quoi exposestu ton maîlre, double sot que tu es! Ne vas-tu pas me donner pour rival à quelqu'un de ces Werther à imaginations ardentes, qui usent leur coude sur un comptoir?

LEPORELLO

Monsieur, chassez-moi si ce n'est pas un morceau de prince.

DON JUAN

Vraiment? Lève-moi donc, et me donne mon corset.

Va'. fragment a paru dans la France littéraire, on décembre

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