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VOUS VOUS asseoir sur ce nirnio hiww où vous nvoz t'ié si juste. (M jugerez-voussévèrenieul maiulenaut celle noljle et modeste intelligence qui s'exerce devant deux mille personnes, qui s'écoute elle-même en public, im])atiente de se sentir, de se deviner, dans un des plus difficiles, des plus dangereux rôles de nos tragédies? assisterez-vous à cet essai comme si c'était un spectacle ordinaire, une fantaisie, un passe-temps? Kt vous, forts de vos souvenirs, viendrez- vous lioclier la tète là où vous devriez battre des mains, uniquement j^arce que ce n'est plus tout à fait un premier début, ])arce que votre esprit a cbangé peut-être, parce qu'il faut du nouveau à tout prix?
Si c'est là aujourd'liui votre rôle, alors nous, public, nous qui payons nos stalles, nous que vous avez avertis bier de venir voir Andromaque, nous avons le droit de vous dire comme le vieux Corneille : Tout beau! car ce n'est ])lus d'une actrice qu'il s'agit, ni d'une réputation, ni d'un caprice de mode; vous nous avez appris à aimer un plaisir que nous avions perdu, mais qui nous est cber et qui est à nous; nous voulons voir ce qui en sera , comment mademoiselle Racbel jouera Uoxane après-demain, et ensuite Esther et Chimène. La tragédie renaît par elle-même, nous n'entendons j)as qu'on l'étouffé; il faut nous laisser d'abord écouler, et nous vous dirons dans deux ans d'ici ce que nous en pensons définitivement ; l'artiste, jusque-là, ne vous aj)partient plus; ce n'est plus elle qui est en question, c'est l'art
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qu'elle r.ivive, r.iii imiiKii'Iel, i^Ioire el di'lii es de Tespril liiini.-iiii.
Uiiel esl \nli'e |)ii!, en e'Tel, el (|iie |)n'leiii|ii('/-\(iii.s l'aire? Adinolloiis (jiKMnadeinoiselle llacliel iTail nrllenieiil pas ('Me à sa liaiileiii' (H'dmaire dans Itf/jdzcl^ ce (jiie je suis loin (raecDi'der, mais irini[)()i1e. .VdnK^lloiis encore qne c'est en conscience (|ne vons signalez cel échec, et (|ne vous faites en cela nn acte d'im|iai'lialil(',. Ne croyez-vous pas que voire devoir était, au contraire, l'indulgence? Vous en aviez pour Talnia vieillissant, vous ne lui disiez pas ainsi (pi'il avait été faible un soii*; et ce silence que vous vous imposiez par respect pour la renommée d'un homme, ne pouviez-vous pas le gaider aujourdhiii pour vos pi'opres espérances, pour l'avenir de l'art, pour les efforts d'une enfant, pour vos paroles de la veille? Uuand il serait vrai que Bajazet eut été moins bien joué que Mithridate^ quelle si grandi; importance y attachez-vous donc, quelle si grande différence y avez-vous trouvée? Ne voyez-vous pas qu'en attacjnant ainsi cette jeune tille, vous plaidez une cause qui n'est pas la vraie, qui ne peut pas être bonne, (piand même elle serait juste? Est-ce votre admiration })oiir liacine qui ])roduit votre mécontentement, el ètes-vous si fort iiulignés de le voir moins bien représenté aujourd'hui (juliier? A qui rendez vous service en le disant? Ce n'est pas à Racine lui-même, car si ses ouvj'ages reprennent faveur au théâtre, ce sera grâce à mademoiselle Rachel, et ne sentez-vous pas qu'en se
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voy.'iiil M.uikV si vile, avec si peu de niéiia^omoiil, elle peut se décourager? Ne sentez-vous pas qu'en lisant vos articles, cette enfiint en qui seule repose toute la grandeur d'une renaissance, cette enfant qui n'est pas sûre d'elle, et qui, malgré son génie précoce, n'est pas encore à l'épreuve des chagrins que j)eiit nous causer la critique, cette enfant qui joue si bien Ilerrnione, qui sait si l)ien conipiendre et réciter Racine, peut se mettre à pleurer?
Voyez le grand mal! dira-t-on peut-être; oui, ce serait un très-grand mal ; que les journaux attaquent demain mademoiselle Grisi ou Fanny Elssler, et qu'elles s'en affligent un instant, yen importe; leur réputation est faite, leurs noms sont aimés, elles sont à l'abri d'un blâme passager. D'ailleurs, la musique, la pantomime, la danse, ne sont point aujourd'hui des arts délaissés. 11 en est autrement de la tragédie. Si on décourageait mademoiselle Rachel, ce serait Hermione elle-même, Monime et Roxane qu'on découragerait. Quiconque aime les arts doit y regarder à deux fois. Sommes-nous donc aux beaux jours de Talma, de la Duchesnoy, de Lafont, de mademoiî^elle Georges? Peut-être alors on aurait eu le droit de traiter légèrement une débutante, de la comparer à ceux qui l'auraient entourée, et de lui donnei", dans son intérêt, des conseils sévères ; mais aujourd'hui, dans le désordre où nous sommes, dans le triste état où se trouve le théâtre, les amis des arts, <iiliques et poètes, artistes de toute sorte, peintres,