‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 12 sur 226 · LE DUC, TRONCHIN · texte numérisé non relu

LE DUC, TRONCHIN

Ils entrent ensemble.

LE DUC

Vous en êtes bien sûr, docteur?

TRONCHIN

Monsieur le duc, j'en réponds sur ma tête, que je

VOUS apporte à Versailles; prcncz-la pour ce qu'elle vaut.

LE DUC, s'asseyant eji taillant une plume.

Allons, il est toujours bon de savoir à quoi s'en tenir. Vous la voyez très souvent? Asseyez-vous donc!

TRO NCHIN.

Presque tous les jours, je passe chez elle pour des migraines, des bagatelles.

LE DUC

Et comment est-elle, ma femme? est-elle jolie? estelle agréable?

TRONCHIN

C'est la plus gracieuse personne de la terre.

LE DUC

Vraiment? Je ne l'aurais pas cru; le jour où je la vis, ce n'était pas ça du tout. C'était tout empesé, tout guindé, tout roide; ça venait du couvent, ça ne savait ni entrer ni sortir, ça saluait tout d'une pièce; de la fraîcheur seulement, la beauté du diable.

TRONCHIN

Oh! à présent, monsieur le duc, c'est tout autre chose.

LE DUC

Oui, oui, le chevalier doit l'avoir formée. Le petit chevalier a du monde... Je suis fâché de ne pas la connaître.

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