‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 150 sur 226 · I. It is the cause, it is the cause, my soûl · texte numérisé non relu

I. It is the cause, it is the cause, my soûl

Ce brusque début doit être conçu comme la suite d'une profonde réflexion intérieure dont l'expression s'échappe de ces lèvres dans la violence de son désespoir. Le désordre de ces premières paroles sera mieux expliqué par tout homme dont le cœur a été blessé que par les commentaires de Johnson et Stevens, qui ajoutent froidement des paroles de rechange en marge de ce monologue pour lui servir de préface.

La cause qui m'amène au meurtre! c'est assez! Étoiles qu'on adore en votre chaste empire, La cause, sous vos yeux je n'oserais la dire! Je ne verserai, pas son sang, et mon dessein Ne me conduira pas à déchirer ce sein Si beau, que l'on croit voir, à la lampe bleuâtre, Sur un tombeau de marbre une image d'albâtre. // pose son épée et sa lampe sur une table.

Cependant, il faut bien qu'elle meure, il le faut. Car elle trahirait d'autres hommes bientôt.

— Éteignons ce flambeau, puis éteignons sa vie.

— Si la flamme une fois, par ma main, t'est ravie, J'ai, pour la ranimer, le temps du repentir, Lampe ardente!

En regardant Desdemona.

Mais toi qui vas t'anéantir, Ouvrage le plus beau qu'ait formé la nature! Où retrouver encor, divine créature, Ce feu qui te donna la vie, et qu'autrefois Dieu pour chacun de nous n'alluma qu'une fois? Le destin l'a voulu : lorsqu'une main profane Vient de cueillir la rose, il faut qu'elle se fane; Mais celle-ci, du moins, je veux la respirer!

// l'embrasse, O souffle pur, qui viens encor de m'attirer!

— Ta lèvre de parfums et de baumes trempée Forcerait la Justice à briser son épée! Encore ce baiser! — le dernier! — infernal! Jamais on n'en aura donné de plus fatal.

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