ACTE V, SCÈNE IV
EMI LIA.
Et que J'avais trouvé.
Yago voulut l'avoir, il paraissait lui plaire ; Cassio ne l'eut jamais.
OTHELLO
Que fait donc le tonnerre?
On s'éloigne de lui avec méfiance.
N'ayez pas peur de moi, seigneurs ; je suis armé. Mais personne à présent n'en doit être alarmé. J'ai vu des temps meilleurs, jadis, où cette épée, Dont la lame espagnole est dans FEbre trempée. Se serait bien fait jour au travers de vous tous; Mais qui peut du destin surmonter les grands coups? — Je suis au terme enfin du long pèlerinage. C'est le dernier écueil de mon dernier voyage ; Une femme pourrait me désarmer. — Pourquoi La bravoure à l'honneur survivrait-elle en moi?
A Desdemona.
Ah! pauvre enfant! jouet d'une étoile fatale! Froide comme une tombe et comme un linceul pâle! Calme au sein de la mort, comme était ta vertu! Vois-tu ton assassin qui pleure? le vois-tu?
// se roule sui" les pieds de Desdemona.
ExMILI A.
Oui, rugis à présent, roule-toi, pour qu'on voie Ce qu'un tigre africain sait faire de sa proie.
Elle se jette sur le corps de Desdemona, et y reste à pleurer jusqu'à la fin de l'acte.
LODOvico, montrant Yago.
Gardez ce scélérat!
OTHELLO 5e relève et marche lentement vers Yago, qui parle bas à un groupe de soldats qui l'entoure.
Laissez-moi lui parler; Est-ce un homme? oh ! non, non, sa main doit vous brûler Je regarde ses pieds. Sa vie est une fable! Mais, si c'est un démon, il est invulnérable.
// le blesse.
YAGO
Mon sang coule. Messieurs, mais je ne suis pas mort.
OTHELLO
Tant mieux; pouvoir mourir est un bienfait du sort, Et vivre est un malheur; je souhaite qu'il vive.
LODOVICO
Désarmez Othello. Que cet homme nous suive! On va l'interroger.
OTHELLO, avec uue profonde tristesse.
Seigneur, un seul moment!
A ce monstre pour moi demandez seulement Dans quel but il ourdit son infernale trame. Et pourquoi ses filets ont enlacé mon âme?
Ne me demandez rien ; ce qu'on sait, on le sait. Je ne dis plus un mot.