‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 182 sur 226 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

NERISSA, PORTIA, BASSANIO, GRATIANO et des Pages de leur suite entrent ^ et trois Femmes vêtues de blanc, qui tiennent à la main chacune un coffret, Vun d'or, l'autre d'argent, le troisième de plomb. Un grand nombre de Gentilshommes italiens et de Femmes parentes de Portia.

On remet à Portia une baguette d'or.

BASSANIO s'avance seul et salue Portia, tandis que Gratiano salue Nerissa et va lui parler d'un air d'intelligence.

Enfin, je vais, madame, essayer ma fortune,

Et, pour vous, me soumettre à cette loi commune.

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Ah ! que j'aimerais mieux, dédaignant le hasard,

Vous gagner par Tépée ou bien par le poignard !

A ce jeu, contre tous, ma main serait hardie

Et digne de la vôtre ; au lieu qu'abâtardie,

Sans guide .que mon cœur (vos yeux le vont troubler),

Portia s'est voilée.

Je sens qu'elle est sans force et qu'elle va trembler.

PORTIA, lui offrajit la baguette sans le regarder.

Tardez un jour encor; quelque chose m'attriste Aujourd'hui...

BASSANIO

Que vous fait d'ajouter à la liste Le nom d'un étranger que vous ne verrez plus. Et que n'ont point choisi vos yeux irrésolus? Ne tardons pas.

PORTIA

Mes yeux que vous pourriez maudire Peuvent entendre tout, mais ne peuvent rien dire. Si je me décidais, vous le savez, seigneur. Il ne me resterait à donner que mon cœur.

BASSANIO

Plût à Dieu !

PORTIA

Telle ardeur en serait étouffée.

BASSANIO

Savoir!...

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