‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 196 sur 226 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

BASSANIO entre inquiet et rencontre GRATIANO : tous deux venaient par des rues opposées à celle ou passe

BASSANIO

Je ne Tai pas trouvé.

GRATIANO

Ni moi.

BASSANIO

Ni dans la ville, Ni sur le Rialto.

GRATIANO

Moi, dans mon zèle inutile, J'ai passé trois quarts d'heure, appelant et cherchant Sur la place Saint-Marc notre royal marchand.

BASSANIO

Pauvre Antonio! Quel bruit semait-on sur la place?

GRATIANO

Que le juif enragé ne lui fera pas grâce, Et que tous ses vaisseaux sont à la fois perdus. Shylock jette des cris de fureur, entendus D'un bout du port à l'autre. Il a su que sa fille Et Lorenzo d'accord avaient forcé la grille.

328 SHYLOCK

Et Jamais hurlement si confus, si changeant, Ne fut poussé : « Ma fille! on a pris mon argent! Mes ducats! ô ma fille, un chrétien les emporte! O mes ducats chrétiens! on a forcé ma porte! Justice! lois! ma fille et deux sacs cachetés, Deux gros sacs de ducats! des diamants montés Tout en or! des bijoux rares! ma fille unique... » Et les petits garçons sur la place publique Le suivent en faisant un horrible fracas, Et criant : « Ses bijoux, sa fille et ses ducats! »

BASSANIO

Je crains que tout cela n'augmente encor sa haine Contre mon pauvre ami.

GRATIANO

Nous n'aurons pas la peine De chercher bien longtemps le vieux Juif : le voici Qui, tout gesticulant, vient de ce côté-ci.

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