SCÈNE XII
niai. D'ailleurs, on peut paraître en négligé devant son mari.
LA DUCHESSE, à part.
Son mari ! hélas !
Haut.
Oui, certainement... son mari... Mais ce nom-là... Je vous avoue...
LE DUC, ironiquemeiit.
Oui, oui... j'entends, vous n'y êtes pas plus habituée qu'à ma personne.
Souriant.
C'est ma faute.
Tendrement.
C'est ma très grande faute, ou plutôt c'est la faute de tout le monde.
Sérieusement.
Qui peut dire en ce monde, et dans le monde surtout, qu'il n'ajoute pas par sa conduite aux fautes des autres? Dites-le-moi, madame.
LA DUCHESSE
Ah! je crois bien que vous avez raison, monsieur; vous savez le monde mieux que moi!
LE DUC, avec feu.
Mieux que vous! mieux que vous, madame! cela n'est, parbleu! pas facile. Je n'entends parler à Versailles que de votre grâce dans le monde; vous faites
fureur! On n'a que votre nom à la bouche. C'est une rage.
D'im ton ambigu.
Moi... je r.avoue, cela... cela m'a piqué d'honneur!
LA DUCHESSE, à part.
O Ciel ! piqué d'honneur! que veut-il dire?
LE DUC, s' approchant avec galanterie.
Çà, voyons, regardez-moi bien ! me reconnaissezvous?
LA DUCHESSE
Sans doute, monsieur le duc, j'aurais bien mauvaise grâce à ne pas...
LE DUC, tendrement.
Me dire oui, n'est-ce pas ? Ce n'est pas cette docilité qu'il me faut, c'est de la franchise.
LA DUCHESSE
Delà...?
LE DUC, sévèrement.
De la franchise, madame.
// quitte le fauteuil et retourne brusquement à la cheminée.
J'aurai beaucoup à vous dire cette nuit, et des choses fort sérieuses!
LA DUCHESSE
Quoi! cette nuit, monsieur! y pensez-vous ?