‹ Œuvres complètes de Alfred de VignyChapitre 67 sur 226 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Précédents; OTHELLO entre avec sa Suite et embrasse Desdemona,

OTHELLO

O ma belle guerrière!

DESDEMONA

Mon Othello!

OTHELLO

Ma femme! ô ma Jeune beauté!

O délice et repos de mon cœur tourmenté! Que le son de ta voix est doux à mon oreille! Aux sifflements des airs que la mort se réveille! Que ma barque se livre encore aux flots puissants! Si mon jour doit venir, qu'il vienne, j'y consens! Car jamais, quel que soit ton cours, ô destinée! Une telle heure encor ne me sera donnée.

Puisse-t-elle renaître, et puissent nos amours S'accroître encore avec le nombre de vos jours!

YAGO, à part.

Charmant duo! la harpe au théorbe s'accorde! Mais de leurs instruments je briserai la corde.

OTHELLO

Venez donc, allons voir la citadelle. Amis,

A d*autres temps pour nous les combats sont remis.

Les Turcs sont détruits.

A Desdemona.

Vous, croyez, ma bien-aimée,

^ue Chypre est un pays dont vous serez charmée;

Les habitants sont bons et m'aimaient autrefois;

Ils vont idolâtrer la beauté de mon choix...

Mais je parle toujours. Dans mes yeux, ils vont lire

Que l'excès du bonheur me cause un vrai délire;

Entrons...

Othello et Desdemona se dirigent avec leur suite vers la citadelle. Les habitants se retirent; il ne reste qu'une sentinelle devant le corps de garde, placé à droite de la scène. La citadelle est enjace, à gauche.

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