‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 100 sur 268 · LE MISSIONNAIRE · texte numérisé non relu

LE MISSIONNAIRE

■ Il B^esi ni- aoge ixi homme

Qui ne pleare lorsque chante la harpe.

Né deux nageai na dën Ma woel pa gan ann délen.

AHCIIH BAKUS.

EN BRETAGNE

Filles de l'Ile d'Arz, filles aux coiffes blanches,

Qui venez près des flots, les beaux soirs des dimandies,

Chastement vous nourrir de pieuses douleurs ,

Faisant (vous l'avez dit) une Partie-de-pleurs,

Des voyageurs: martyrs les sublimés annales

Épanchent en amour vos âmes virginales ;

J'ajoute un doux récit aux Actes de la. Foi :

Devant les flots déserts, vierges, écoùtez-moi. — •

Pâles et revêtus de leurs noires soutanes.

Ils viennent d'arriver dans le vieux port de Vannes ; Le brick où monteront ces messagers de Dieu Appareille. — famille, amis, pays, adieu I — Qu'importe I Ils sont là tous, silencieux et calmes, Des martyrs pour la foi rêvant au loin les palmes : Les fatigues, la faim, les supplices hideux Et la mort ne feront reculer aucun d'eux.

Le livre universel, de naïves images, Quelques outils de fer, appât pour les sauvages. Ou des jouets d'enfants : voilà, dans leurs combats, Quelles armes suivront ces paisibles soldats. Le plus jeune des douze, Ëvèn, portait encore. Pendant à sa ceinture, un violon sonore.

Bien avant la prfttrise et Tâge régulier,

C'était le plus aimé de ses jeux d'écolier.

Après les longs travaux, chaque soir, dès novembre,

La musique amenait la gatté dans la chambre ;

Et Ton dansait, légers, pour épargner le bois,

Ces passe-pieds bretons si vantés autrefois ;

Pais, avril fleurissant, quand la joyeuse bande

Volait, comme un essaim, par les prés, par la lande,

Barde mélancolique, armé de son archet.

Le solitaire Évèn sur la grève marchait ;

Et, ses doigts s' animant sur les cordes vibrantes,

Leurs sons clairs se mêlaient aux vagues murmurantes.

Mais les jeux sont bien loin : aux grands devoirs soumis.

Ils partent, embrassant leurs parents, leurs amis.

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