‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 111 sur 268 · VALI REINE · texte numérisé non relu

VALI REINE

Entre le roi très-sage et le pieux brahmane, Comme Vali rentrait pure dans sa cabane !

HJSTQIlilS POETIQUES. 167

Enlacé par une liane, L'animal la suivait, l'animal merveilleux Dont le cœur bien-aimant voit plus clair que nos yeux ;

n la suivit jusqu'à la tombe, Terrible à Téléphant^t doux à la colombe.

UOISEAU LIBRE

Des âges primitifs dans mon cœur est resté

L'amour de la nature et de la liberté.

Un jeune homme et sa sœur à leur fenêtre ouverte

Admiraient un oiseau qui sur la forêt verte

Voletait, sautillait, chantait à pleine voix,

Comme s'enivrant d'air pour la première fois.

Le jeune homme semblait lui-même sous le charme ,

Mais sa timide sœur, essuyant une larme :

— a Frère, qu'avei>-vous fait, ô frèro' sans raison !

c Au sortir de son nid il entrait en prison,

c Et vous l'avez lancé libre par la fenêtre !

« De faim il va mourir et de froid , le pauvre être,

« Dans sa cage il n'a plus le chanvre et le millet,

« L'osier garni de laine où, calme, il sommeillait;

« Votre esprit oublia, rêveur, que la chouette

« De loin ouvre ses yeux arrondis et le guette...

« Ah ! voici qu'une pie au bec dur et perçant

« Fond sur lui! son poitrail, hélas! est tout en sang!...

c Sa plume vole, il meurt ! qu'avez-vousfait, mon frère?

« — Une œuvre de pitié. Console^toi , ma chère.

c Son bonheur fut bien court , mais pur il l'a goôté.

I Le captif a joui d'un jour de liberté. »

It mars 1857.

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