‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 132 sur 268 · LES MOISSONNEURS · texte numérisé non relu

LES MOISSONNEURS

Lorsqu'à» nuage épais, vers le temps des moissons,

Vient recouvrir la ville et fond sur les maisons ,

Quand la grêle bondit sur les toits, quand la rue

Roule une onde fangeuse incessamment accrue,

Observant à l'abri l'orage et ses dangers ^

Aux tristes campagnards, citadins, vous songez.

Leur malheur est le vôtre. Oui , vous cherchez d'avance

Comment le métayer paîra sa redevance ;

Le pauvre avec frayeur prévoit l'hiver prochain ,

Et l'on parle déjà de la cherté du pain. —

Hommes mûrs et vieillards, jeunes gens, jeunes filles,

Tous ils étaient venus, armés de leurs faucilles.

Dès la pointe du jour, un jour limpide et bleu,

Et que l'ardent soleil bientôt rougit de feu.

Jusqu'à midi sonnant leurs bras forts et superbes

Ont abattu les blés vite formés en gerbes ;

Mais les rires, les mots joyeux et les chansons

Animaient au travail et filles et garçons ;

En fauchant les épis, en liant les javelles.

Les défis s'échangeaient et les tendres querelles :

— Renouez vos cheveux , ô Liiez , et chantez I

— Héléna, tous mes chants sont à vous; écoutez I

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