‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 137 sur 268 · A SAINT-RENÉ TAILLANDIER · texte numérisé non relu

A SAINT-RENÉ TAILLANDIER

Des bords de la Durance aux fleuves des Germains, sage explorateur des grands courants humains, Mort, je vous lègue, ami, le soin de ma mémoire. Pour ce siècle ennuyé la poétique histoire Si votre main rassemble autour de mes Bretons Ces récits, tous divers de pensers et de tons. Naturelle épopée, et que la voix touchante De l'Esprit du pays par mon humble voix chante 1... C'est lui I le souflle ardent revient me visiter! Mais comment, ce mystère étrange, le conter?

Colère, inspire-moi! soutiens-moi, raillerie! Puis, en chasse! le loup est dans la bergerie.

Un meunier de Léon, juché sur son mulet, Chantait, et, tout chantant, par les bois il allait :

« Le notaire du bourg est un excellent homme;

Du richard et de l'indigent

A deux mains il reçoit l'argent.

Et fiez-vous à lui pour bien garder la somme.

Allons, Jean-lPierre, allons, Gros-Jean,

Mes gars, apportez votre argent! »

Ces couplets du meunier un peu trop fort en gueule,* Cyniquement rimes au roulis de sa meule,

* MoUère.

Page 1