‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 145 sur 268 · LA GENISSE . A U. LOUIS COULON · texte numérisé non relu

LA GENISSE . A U. LOUIS COULON

Elle n'avait connu, tout Thiver, que la crèche,

Et, dans un coin obscur, son lit de paille sèche.

Si nous la visitions : dès le bruit des verroux ,

Tendant son mufle noir, roulant ses grands yeux doux ,

Elle se redressait de sa morne attitude,

Pour passer sur nos mains sa langue épaisse et rude : .

Heureuse si nos mains elles-mêmes grattaient

Son poil fauve où déjà les deux cornes pointaient ;

Mais à notre départ, ennuyée et farouche,

Elle se laissait choir lourdement sur sa cojiche.

Cependant la génisse, au bercail tout Thivei*, Avril venant à luire, on l'amène en pleîn airi

Au midi rayonnait Tastre d'or: frémissante, Soudain elle s'arrête, et sa queu^ incessante Fouette ses flancs, la bave inonde son rnuseau, Une blanche vapeur lui sort par le naseau ; Enfin, à travers champs, voici, tête baissée. Qu'elle bondit, va, vient, et se roule insensée : Puis un long beuglement, au dur clairon pareil, Gomme on salue un dieu , salua le soleil !

LA MAISON DE l'avARE

Dans certaine bourgade, à ce que l'on rapporte, Ces mots étaient gravés sur le seuil d'une porte : I « Quand vous seriez de la race du chien ,

! « Entrez dans ma maison si vous avez du bien. » Ainsi parlait le seuil de ce logis infâme, Puis l'avare ajoutait, montrant toute son âme :

« Quançl vous seriez de la race du roi , tf Si vous n'avez plus rien, passez ! chacun chez soi. n Tout près coulait un fleuve, 'et, mugissant, terrible, Il ne renversait pas cette maison horrible.

POtJtl LA TOMBE DAINES VALMORË

Sous ces cheveux flottants blanche comme le lait^ Et, comme l*alouette en un champ de millet ^ Vive et toute a la joie, du matin, l'Espérance Lève les yeux au ciel et ^ riante, s'élance ; bit qu'elle cueillera toutes les fleurs du champ ^ Et jusqu'à la nuit close entonnera son chant ; Mais un vieillaM jaloux de ses chansons nouvelles ^

Le Malheur, en passant, coupe ses blanches ailes,

£t la jeune Ame, ^moitié du chemin.

Tombe et meurt, et ses fleurs échappent de sa main.

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