CHANT QUATRIÈME — LA JUSTICE
Par ce vent âpre qui nous pousse, , La colère enûn monte à l'âme la plus douce :
Adieu la paix, les arts, le soin de son état, Le bonheur d'épargner pour son fils, pour sa fille ; Adieu les rêves d'or pour l'humaine famille ; On s'endormit pasteur, on s'éveille soldat.
An mal qui méconnaît toute voix juste et ferme. Ton glaive, ami du bien, Justice, met un terme :
Donc, en avant l'acier! Brille, ô glaive vengeur I Que ta lame d'azur se teigne de rougeur I -^
Tel un monstre hideux amené par un rêve Et qu'avec des cris gourds la poitrine soulève.
Tel du xNord au Midi, de l'Est à l'Occident, Polype monstrueux, le colosse s'étend.
Des bords de la mer Noire aux bords de la mer Blanche Des suçoirs, dont jamais l'âpre soif ne s'étanche,
Plongent; on sent peser des millions de bras. Mais une tête, un cœur le monstre n'en a pas...
Eh bien, sans nul souci du cœur et de la tête, Tour à tour retranchons tous les bras dû la bête I
Prends ta hache, ô Napier, ta hache, ô Parsevall Héros de l'Orient, sus, sus à l'animal !
Quand les fers tomberont de chaque prisonnière, Que la noble Pologne échappe la première :
Montre encor dans nos rangs, fille de Kosciusko, Et la lance léger» et le léger shako !
Puis, à vous. Finlandais! A vous, ô Scandinaves! Braves, signalez-vous dans les combats des braves.
Frappez, frappez encor! — Combien en reste-t-il? A toi nous arrivons, héroïque Schamyl.
prophète guerrier, prince de Circassie !
Non , le Nord n*îiura point cette fleur de l'Asie.
La Chersonèse antique aux grands noms fabuleux. Aux mystères profonds comme un ciel nébuleux,
Tranchera les longs fils qui l'attachent au centre : Bien I — Le polype immense est réduit à son ventre.
Qu'il reste en ce milieu. —Nous, enfants des Gaulois, Amis des nobles arts et des paisibles lois.
Du lot qui nous est fait sachons nous rendre dignes, Fils d'un sol qui produit les lauriers et les vignes.
30 juillet.