‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 180 sur 268 · A AUGUSTE ARGONNE · texte numérisé non relu

A AUGUSTE ARGONNE

Tes vers me suivent dans les blés :

Je les ai dits à l'alouette,

Et la mésange les répète

Aux petits près d'elle assemblés.

D'une douce et sainte manie Pourtant crains d'exciter l'essor, Et, l'esclave de ton génie, D'user en stérile harmonie , Des jours plus stériles encor.

Les muses, ces autres sirènes, M'ont séduit à leur chant trompeur ; Toi , mieux instruit par mon erreur, - Dédaigne leurs promesses vaines Et marche vers un but meilleur.

C'est assez , découvrant leur trace Et leur chœur sacré dans les bois , De prouver un jour qu'avec grâce La lyre frémit sous nos doigts :

A la forme pure, à l'Idée.

Les yeux de l'âme sont ouverts ; Vibrante, elle s'est accordée Sur tous les sons de l'univers.

Dès lors, sous un grave silence.

Oh I qu'il est mieux de la régir I

Dans le monde où je te devance Malheureux qui rêve ou qui pense, Heureux celui qui sait agir!...

Ainsi je t'écris, ô poëte !

Puis je vais redisant tes vers Au rouge-gorge, à l'alouette, Qui les répandent dans les airs :

Va ! retourne à tes doux concerts, £t sans froids calculs, sans réserve.

Dans leur libre élan suis la verve De tes jours fleurissants et verts!

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