‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 208 sur 268 · DERNIÈRE DEMEURE · texte numérisé non relu

DERNIÈRE DEMEURE

A VOUS, bardes sacrés, ô chanteurs radieux!

Un nid voisin de Taigle, un tombeau près des cieux;

A vous les hauts sommets, à moi l'humble vallée,

Et, comme fut ma vie, une tombe voilée.

Tel est mon dernier vœu. Tout près du Pont-Kerl6,

Dans un bois qui pour maître avait le vieil Elô,

Couché parmi les buis, au murmure des sources.

Je reposerais bien, je crois, après mes courses.

Les soirs d'été, c'est là qu'aux branches des buissons

Nous allions^ gais enfants, prendre nos hameçons.

Cueillir Tairelle noire et^ dans le mois des neiges, Tout le long des taillis tendre aux oiseaux des pièges. Pourtant, mon corps venu, si le nouveau curé Me refuse une tombe en ce bois ignoré.

Qu'il me donne, du moins, ma place au cimetière, Parmi les rangs bénits de la paroisse entière, Avec Albin , Daniel , et tous ceux du canton Dont j'ai dit bien des fois le village et le nom : Une autre aussi viendra vers cette couche sombre, Et, réunis enfin, nous dormirons dans Tombre.

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