‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 207 sur 268 · LA FÊTE DES MORTS · texte numérisé non relu

LA FÊTE DES MORTS

Le glas tinte. J'ai fui bien loin dans les vallées Pour échapper au cri des cloches désolées :

Mais partout les brouillards déroulent leurs .linceuls, Les saules sont en pleurs, et des pâles tilleuls Un murmure plaintif s'exhale , c'est l'automne , C'est la Fête des Morts , lugubre et monotone I

Tous, ce soir, en tumulte, ont vidé leur cerceuil,

Leur hôtesse éternelle a pour eux pris le deuil ;

Au muet firmament chaque étoile est éteinte,

Je rentre au bourg : tout dort. Tout est noir. Le glas tinte.

VOIX AHIES.

a Non , plus de ces départs subits I « Vous voilà paysan, un fils de nos campagnes. « Qui ne sait vos chansons de la plaine aux montagnes? « Vous parlez notre langue et portez nos habits.

— « Ah! si j)arfois Tesprit vers la cité m'appelle, « Mon cœur est à la lande et je reviens fidèle !

— « Eh bien , ne quittez pas ses déserts embaumés.

« Sage, contentez-vous du blé que nos mains sèment : « Oh I demeurez toujours près de ceux qui vous aiment, « Et près de ceux que vous aimez ! »

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