LES DEUX CIERGES
A- son lit d'agonie et le père et la mère
Avaient mis un double flambleau , Comme pour lui montrer, dévotion amère I Les lueurs qui devaient la conduire au tombeau; Mais cet apprêt funèbre épouvanta la vierge ; Sa main faible et pâlie, indiquant chaque cierge, Fit signe d'éloigner cette affreuse clarté. — Auréole douce et fidèle, La vierge avait sa pureté Qui depuis le berceau rayonnait autour d'elle.
A MARIE
Restez inconnue, ô Marie, A filer loin du bourg près de votre foyer.
Tout aux soins de la métairie Et des fils que le ciel voulut vous envoyer.
Mais riez avec moi d'une méprise étrange :
Une fée au teint noir fut prise pour un ange, Pour vous, ô fleur du Scorf, ô perle de l'EUé I
Légère comme l'hirondelle,
Lorsque enfants nous courions pieds nus, le long du blé. Vous que l'amour fait inimortelle !