UN BAPTÊME
Devant un frais jardin quand elle vint au monde,
Sous ses cheveux légers elle parut si^ blonde,
Que son père la prit sur son cœur, l'embrassa.
Et, d'amour rayonnant, ainsi la baptisa :
« Oui, sous les arbres verts et sur l'herbe odorante,
« Tu seras tout le jour comme une abeille errante;
« Et, dans mes longs travaux, souvent, pour m' apaiser,
« Tu viendras m'apporter le miel de ton baiser :
a Va donc sur la fleur blanche et sur la fleur vermeille,
« Enfant aux cheveux d'or qu'il faut nommer abeille:. »