L'ÉGLISE BYZANTINE
Une lune d'argent se penchait sur la terre ; Nous, dans Pise la Sainte arrivés, aussitôt Nous avons fait trois fois le tour du baptistère. Comme des pèlerins au temps du bon Giotto, Et là, tout enivrés d'extases enfantines.
Dôme, nous embrassions tes portes byzantines; Puis cet hymne d'amour qu'inspire la beauté S' exhalant de mon âme , en pleurant j'ai chanté
« De l'union des temps religieux symbole, « Salut,- art opulent, ô bel art byzantin.
a OÙ l'Europe et l'Asie ont mêlé leur parole « Dans un accord libre et divin !
« L'esprit s^était enfui des temples de l'Attique, « Pour son âge nouveau leur voûte manquait d'air; a Et voici qu'attristé du sombre arceau gothique , ' « Il cherche un autre asile aussi calme et plus clair, « A lui-même plus harmonique.
« Tu pourras l'accueillir, art humain et sacré ,
« Avec toi l'âme monte à Dieu sans s'v confondre :
a Salut, dî)cte formule, ô modèle épuré,
« Où des temps opposés les lois viennent se fondre I » —
Et nous allions encor par la noble cité.
Aspirant son air doux , rasant ses larges dalles :
, Tout brillait, revêtu d'une molle clarté.
Les vieux murs crénelés et les tours féodales ;
j Et le chantre , évoqué , des choses idéales ,
I Dante nous précédait avec solennité.
GIANNINA
Près de FiésoI«.
Plus de sombres pensers I Poètes radieux , Ouvrons à la beauté notre esprit et nos yeux ;
Partout, dans les palais, sous le chaume paisible Suivons-la ; dans les cœurs voyons cette invisible ,
Et comme aux jours de foi couronnés par les arts. Que la consolatrice enchante les regards!...
La grâce vit encor, la grâce florentine, ,
Elle qu'aimaient lé marbre et la toile divine. .
Hier, j'ai vu s'unir dans un groupe charmant Xa bouche d'une mère et celle d'une enfant- Légère, elle passait, sur le front sa corbeille, Où dormait dans les fleurs sa fille, fleur vermeille ;
De cette blonde enfant elle a fait son bijou , Blanche agrafe à son cœur, collier d'or à son cou ;
Sur le bord du chemin parfois elle la pose, Et donne son sein blanc à cette bouche rose ;
' Puis, telle que l'oiseau s' élançant du buisson. Joyeuse elle reprend sa route et sa chanson...
Et moi, qui m'en venais morne et baissant la tête. Devant ce frais tableau , réjoui , je m'arrête.
Influence charmante ! Aimant de la beauté I En me laissant aller à mon cœur j'ai chanté.
vivante madone et si pleine de grâce I Les fleurs de poésie ont germé sur sa trace.
A JULES SANDEAD
Voulez-vous ce bluet de mon humble chemin.
Poëte qui semez des lis à pleine main ?