K FERDINANDO ROSELLINI
La poésie émane, Émane mollement du vase de mon cœur, Depui§ que j'y versai cette heureuse liqueur, Pouce comme le ciel de la blonde Toscane.
Eh quoi ! le bon Pétrarque oublia la boisson Où le barde étranger enivre sa chanson !
Ah ! ce vin réjouit l'esprit sans qu'il l'offusque ! Je l'appelle un nectar, un élixir divin :
Si j'étais le Grand-Duc, je boirais de ce vin Dans un beau vase étrusque.
Tu vois dans ce palais ce grand arc et son dard : Eh bien, Toscan subtil, je l'appelle un symbole.
— Oui , Barde , saluons ce symbole de l'art Qui nous sert à lancer la divine parole :
Homère l'inventeur au poète romain
Le transmit ; depuis Dante il va de main en main. Dis : ai-je pénétré l'ingénieux emblème*?
— Bien, Toscan. Cependant l'arc a-t^il voyagé?
Ou, d'Homère à Milton (grand et nouveau problème!); Tous ont-ils changé d'arc quand le but a cnangé?
Qu'elle est prompte et subtile La flamme de l'esprit chez vous , peuple toscan I Elle éclate soudain comme un feu de volcan, Ou jusqu'au f«id du cœur pénètre comme l'huile. Instruisez un barbare égaré dans vos murs !
Versez-moi de ce vin fait des fruits les plus mûrs ! Il- vous donne la force , il vous donne la grâce. Des Celtes à Florence un vestige est resté :
Par leur grand souvenir et ce vin exalté,
Je veux chanter ma race.
Le char celte, le char tout en bois de boi/teau,
Je l'ai vu ! Le timon, le cercle de la roue
Avec les membres durs et tors d'un arbrisseau
Furent construits, sans bronze ou fer; rien qui Iqs noue.
A Florence , au milieu des arts dans leur splendeur,
LA FLEUR d'or. 49
Pour un enfant de l'ouest ce char a sa grandeur. Où sont les deux coursiers, les coursiers blancs du Celte? Leurs attaches de cuir pendent le long du char : ^ Lui-même où donc est-il le guerrier jeune et svelte ? Qu'il vienne l'arc en main- et lance au loin son dard
La poésie émane , Émane m'ollement du vase de mon cœur, Depuis que j'y versai cette heureuse liqueur Douce comme le ciel de la blonde Toscane.
Eh quoi I le bon Pétrarque oublia la boisson Où le barde étranger enivre sa chanson !
Ahl ce vin réjouit l'esprit sans qu'il l'offusque! Je l'appelle un nectar, un élixir divin : »
Si j'étais le Grand-Duc, je boirais de ce vin
Dans un beau vase étrusque.