TALISMANS
Talismans d'amitié, triple et mystique envoi, Protégez ceux que j'aime et parlez-leur de moi.
Les vers comme les chants ont un pouvoir féerique, Ainsi le croit Eir-inn ou la verte Armorique. Dans ton berceau d'osier, un matin, cher enfant, On cachera ces vers : leur poxivoir te défend ; Mais vers Clone-menâ, froid pays de ta mère.
Un jour, quand tu suivras le daim sur la bruyère. Pense au barde breton , alors muet vieillard , Et chante.au son du'dor ses vers dans le brouillard. Les chants comme les vers ont un pouvoir féerique^. Ainsi le croit Eir-inn ou la verte Armorique.
Bonne grand'mère, à toi jes célestes soutiens!
Ce chapelet bépit par le chef des tihr^iens.
Tout près de ton fauteuil suspends-le dans ta chambre.
Vois, ses cinquante grains sont d'aloès et d'ambre :
Qu'ils parfument entre eux ton modeste réduit,
76 LA fleUr d*or.
Et, l'occupant le jour, te consolent la nuiti L'hiver de notre Vie est souvent morne et sombre, Et de tes pleurs secrets seule tu sais le nombre ; Prends donc ce chapelet, et puisse chaque grain Défilé sous tes doigts entraîner un chagrin I
Celui qui recevra cette feuille séchée,
De mon envoi pieux aura Tàme touchée.
A Saint-Onofrio je la cueillis un soir ,
Sous le chêne du Tasse, ombrage calme et noir
Où jadis entouré de moines au front blême.
Lui , plus triste qu'eux tous, leur lisait son poëme :
Là vint pour s'abriter le grand infortuné
Attendant que le jopr du triomphe eût sonné.
Et c'est là qu'il mourut; car nous autres poètes,
Toujours nous demandons des couvents ou des fêtes.
Talismans d'amitié, triple et mystique envoi. Protégez ceux que j'aime et parlez-leur de moi.
LHOTELLERIE
Nous sommes de gais voyageurs, Un peintre de Baden, un sculpteur, des poëtes, Pour toute belle chose ayant des âmes prêtes,
Les fermant aux soucis rongeurs :
Nous sommes fils de l'art^ et de gais voyageurs.
Pays du Latium , adieu I Au pied de ses volcans voici la Grande-Grèce,
OÙ Tesprit est esclave et ]a terre maîtresse :
^lut à la terre de feu !
Pays du Latium et d'Étrurie, adieu!
Vienne Liber, le dieu pourpré ! Winter, entonnez-nous un refrain d'Allemagne. Et moi qui sais aussi plus d'un air de montagne.
Sous ces vignes je chanterai > Auprès du barde blond vienne le dieu pourpré !