L'ÉLOGE DE'NANTES
Tes fils ont accueilli la mère du poëte,
Nantes ! dans tes murs j'acquitterai ma dette;
De mes jours c'est un doux emploi :
L'aimer, puis chanter ceux qui l'aiment comme moi.
Nantes n'a plus au front ses parures ducales, Mais toujours on la nomme une reine des eaux; La Loire avec amour baigne ses larges cales, Et jusqu'à l'Océan soulève ses vaisseaux.
Lorsque les blancs sauniers^) par les jours de marée, Amènent dans son port le sel de leurs palus, Elle écoute en rêvant cette langue sacrée, La langue des aïeux qu'elle ne parle plus.
Puis elle se souvient de Félix, son apôtre, Laborieux édile et pontife inspiré.
D'une main répandant l'Évangile , et de l'autre Creusant l'immense fosse où le fleuve est entré.
temple de Félix , opulentes murailles , Les Normands t'ont brûlé, religieux manoir, Sanctijaire incrusté de l'étain de Gornouailles, Si luisant que la lune en faisait-son miroir I
Mais grâce , grâce enfin pour ces hordes nomades I Quelles destructions peuvent nous efirayer.
Dans ce siècle vanté, nous, témoins des noyades, Ces hymens de la mort célébrés par Carrier I —
U LA FLEUR d'oK.
De la^ vague et du feu cité victorieuse, Suis tes riches destins I Les travailleurs sont rois. A rinde qui t'appelle obéi^, voyageuse!
Mais orne ton vaisseau du Mercure gaulois.
Ce père du commerce inventa l'harmonie, Partout à la pensée ouvrant un libre essor ; Médite l'attribut de son double génie : ^
De la bouche du dieu sortaient deux chaînes d'or.