‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 9 sur 268 · A BOUL.\Y-PATY · texte numérisé non relu

A BOUL.\Y-PATY

Je t'adresse ces vers, poëte de la Loire :

Toi, redis-les aux bords amoureux de tes sons, Auteur de fiers sonnets et de molles chansons , Qui restent dans le cœur comîne dans la mémoire.

LES GOELANDS

Un brick appareillait dans un des ports de Nantes, Et des femmes en pleurs, des filles, des amantes Erraient dans les rochers, tout le long de la mer; Puis , dansant une ronde , elles chantaient cet air :

Ce matin , à la pér haute , Les jeunes gens du Croizic Vont s'embarquer sur leur brick , Mes sœurs, chantons sur la côte.

Goélands, goëlands, •

Ramènez-nous nos amants !

Les goélands volaient par milliers sur les lames, De la terre au navire, et des marins aux femmes Ils allaient, revenaient, passaient en tourbillons Sur la ronde plaintive et dans les pavillons.

Groëlands, aux ports d'Espagne Guidez nos chers matelots, Et parlez-leur sur les flots Des filles de la Bretagne.

Goëlands, goélands.

Ramenez-nous flos amants !

Le brick ouvre sa voile ; adieu ! l'ancre est tirée. II part, comme un marsouin, poussé par la marée Les fidèles oiseaux l'ont suivi ; mais, hélas ! Les femmes vers la mer tendaient en vain les bras.

Suivez, suivez leur voyage.

En Espagne, en tout pays!

Ne craignez pas leurs fusils, Lès amis au blanc plumage.

Goëlands, goëlands.

Ramenez-nous nos amants!

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