ÉTUDES
La science, voilà les sévères amours
Où votre âme s'était fixée ; L'âge perdait ses droits, vous donniez vos beaux jours
Au seul plaisir de la pensée.
Plaisir qui m'est connu , bonheur mêlé d'effroi
De descendre au fond de soi-même , Et dans ses noirs détours de poursuivre le Moi ,
Pour surprendre le grand problème.
Puis, comme d'un abîme, on sort victorieux,
L'âme agrandie et fécondée ; Et, tranquille, on regarde éclore sous ses yeux
Les faits en germe dans l'idée.
Mais, durant ces discours, si quelque souvenir
Me revenait de ma patrie, Pour .rafraîchir nos frqpts il semblait qu'un zéphir
Passait dans notre causerie.
iW LA FLEUR d'or*
HYMNE
A l'esprit
Lé divin composé, qui brille en s'approchant , Se reflète sur nous : encore, encore un chant !
Oui: mieux que la prétresse et Tantique délire, Si dans les temps prochains la science à su lire,
Qu'elle déroule en paix ses vers sentencieux
Avec grâce voilés, mais clairs pour tous les yeux. -
C'est l'heure : les oiseaux ont fui vers les nuées, Tant la hache en tous lieux fait de larges trouées.
Partout le jour, partout de saints rapprochements , Des hymens amoureux suivis d'enfantements.-
Quel est le val sans nom? quelle est l'île déserte? Partout le blé nouveau couvre la plaine verte.
Pourquoi devant ta porte élever ce rocher.
Ermite, si la foule qptre et vient te chercher?
Il faut voir tomber l'arbre et germer la semence , Voir tout ce qui finit , voir tout ce qui commenc/e.
fleurs du Sunium , fleurs voisines du ciel ,
Quel parfum vous mêliez aux lis blancs du Carmel !
Mais, silence I voici l'Orient qui s'allume
Et de l'Ouest obscurci colore au loin la brume.
Tout se cherche. Le Nord vers le Sud est allé. Et la matière en feu vers l'esprit a coulé.
LA TLEUR d'or. 117
Le mélange se fait : fusion idéale, Alliage splendide, œuvre que rien n'égale;
Métal complexe et simple , et sans pareil encor, Et dont le monde entier aura composé Tor;
Métal plus précieux que l'airain de Corinthe, Au foyer du savoir fonte prudente et sainte :
O le pur électrum où Fesprit et le corps Parviendront à s'unir en de justes accords,
Quand elle apparaîtra la fusion bénie,
Tous les cœurs aimeront cette œuvre d'harmonie I...
Oui , c'est l'heure : voyez s'émouvoir à la fois Et la terre et le ciel qui lui donne ses lois ;
Voyez dans les hauteurs l'alliage mystique Reluire pn dévoilant son rapport sympathique !
Triangle composite et d'argent et d'or fin
Et d'un autre métal comme çux simple et divin :
O troisième métal , que nul encor ne nomme , Pour finir son travail c'est toi que cherche l'homme
N'es-tu pas la soudure et l'intime lien, Le nœud intelligent d'où résulte le bien ?
Viens donc, flux désiré^ sage intermédiaire.
Avec l'or et l^Sirgent vien^fînir le ternaire !
Esprit, nous sommes prêts, nous appelons ton jour : Esprit, viens féconder la Puissance et l'Amour!