‹ Œuvres complètes de Auguste Brizeux. Précédées d'une noticeChapitre 94 sur 268 · LE LÉ2ARD · texte numérisé non relu

LE LÉ2ARD

Campagnard, je me mêle à tous les jeuj^ ruetiques, Amusé des chansons, m'exaLtant aux cantiques; Voici comme jasait, hier, un joyeux gars.

Et le feu de son cœur brillait dans ses regards :

« Avec une jeune veuve , Tendre encor, j'en ai la preuve , Savante à parler françaiç :

~ En causant de mille choses, Par la bruyère aux fleurs roses , Tout en causant je passais.

C'était en juin , la chaleur était grande,

Sur le sentier qui partage la lande , I Au beau soleil se chauffait un lézard ;

Et dans ses tours, ses détours, le folâtre

Faisait briller son dos lisse et verdâtre , Et secouait la fourche de son dard.

Mais, hélas! à notre approche.

Le petit fou vers sa roche Fuit, et pour le rappeler, Pour rappeler ce farouche, Sur un air des bois ma bouche Longtemps s'épuise à siffler.

mes amis, ne plaignez pas ma peine!

Car sur mon bras, comme une molle chaîne, S'était posé son bras flexible et rond ;

Et par instants une mèche égarée, De ses cheveux une mèche cendrée Avec douceur venait toucher mon front.

Certe, à lézard et vipère Tout siffleur vendrait, j'espère, A ce prix-là ses chansons , Sans trouver Theure trop lente, Ni la chaleur trop brûlante, Ni trop maigres les buissons.

Donc, croyez-moi, dans cette heureuse pose, Sous le soleil et jusqu'à la nuit close J'aurais sifflé fort gatment ; mais voilà , Mes bons amis, voilà que le vicaire, Yètu de noir et disant son rosaire, Pour mon malheur vient à passer par là :

« Cœurs. damnés! musique infâme t « Holà I holà 1 jeune femme , « Si vous craignez par hasard « Le purgatoire où Ton grille , « Quittez ce siffleur de fille, a Ce beau siffleur de lézard I »

Tel fut son gai récit qu'en mes rimes j'expose. Mais le feu s'est perdu dans la métamorphose. Vous, une histoire aussi sous vos grands arbres verts, Cher poète : elle aura du charme dans vos vers.

i32 LA FLE0R D*OK.

NOTES

DES GRÈVES DE PLOE-MBUR^ A BERLIOZ

L'océan bruissait immense sur les grèves, Joyeuse une mésange en effleurait le bord :

Maître, ta musique éclata dans mes rêves, Du grand et du léger doux et sublime accord !

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