‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 44 sur 64 · M. Henri MarUn, Histoire de France ^ t. XII, p · texte numérisé non relu

M. Henri MarUn, Histoire de France ^ t. XII, p

ment, soulevée contre cette œuvre de haute sagesse, y ait, dans un sobriquet burlesque, attaché un autre nom que le sien'.

L'ordonnance, cm plutôt le code de 16S9 , eut pour but de répondre à la fois aux demandes des derniers états généraux et à celles de deux assemblées de notables^. Parmi les dispositions prises d'après les cahiers de 1615 , la plupart furent puisées dans celui du tiers état; je n'en ferai point l'analyse, j'observerai seulement qu'en beaucoup de cas la réponse donnée reste en arrière ou s'écarte un peu de la demande. On sent que le législateur s'étudie à concilier les intérêts divergents des ordres, et qu'il veut borner la réforme à de certaines limites. Si la suppression des banalités sans titre et des corvées abusives est accordée au tiers état , il n'est point répondu à son vœu pour Tafifranchissement des main-^mortables ^. Le temps des campagnes libres n'était pas encore venu, celui des villes libres

I. Lm gens de robe affectèrent de ridiculiser l'ordonnance de 4639 en rappelant Code Mlchau, du prénom de son rédacteur, le garde des sceaux Michel de Marillac. — Voyez , sur l'opposition parlementaire à cette ordonnance , les Mémoires du cardinal de Richelieu, eollect. Micbaud et Poujoulat, a* série, t. Vif, p. 587 et suiv.

9. Celle de 1617 dont je n'ai pas fait mention, et celle de 1626. — Ordonnance sur les plaintes des états assemblés à Paris en 1614 , et de rassemblée des notables réunis à Rouen et à Paris en 4617 et 1626. tue. des ane. lois françaises, t. XVI, p. 333 et suiv.

8. Ordonnances de 1629, art. 206 et S07é — Veye2 plus haut* chap. m, Tanalyse du cahier de 1615.

252 ESSAI SUn L'HISTOIRE

était passé. Ce n'est qu'en termes évasifs que Tordonnance répond à la demande d'émancipation du régime municipal, et elle décrète spontanément l'uniformité de ce régime ; elle veut que tous les corps de ville soient réduits, autant que possible, au modèle de celui de Paris ^ A ces tendances vers Funité, elle en joint d'autres non moins fécondes pour le développement national. Elle introduit dans Tarmée le principe démocratique par la faculté donnée à tous de s'élever à tous les grades; elle rel&che pour la noblesse les liens qui, sous peine de déchéance, rattachaient exclusivement à la profession des armes; elle attire la haute bourgeoisie, de Tambition des offices, vers le commerce ; elle invite la nation tout entière à s'élancer dans les voies de l'activité industrielle. Voici le texte de trois de ses articles :

« Le soldat par ses services pourrra monter aux « charges et offices des compagnies , de degré en de-

I Ordonnons que les élections des prévôts des marchands,

maires, échevins, capilouls, jurats, consuls, procureurs, syndics

et autres charges des villes seront faites es manières accoutumées, sans brigues et monopoles, des personnes plus propres et capables à exercer telles charges pour le bien de notre service, repos et sûreté

desdites villes Et afin de maintenir nos sujets avec plus dVdre

et de tranquillité, voulons et ordonnons que les corps et maisons de ville et la manière de leurs assemblées et administraUon , en tout notre royaume, soient, autant que faire se pourra, réduites à la forme

et manière de celle de notre bonne ville de Paris (Ordonn. de

I6i9, art. 413.)

«gré, jusques à celui de capitaine, et plus avant s'il c<s*en rend digne*.

«Pour convier nos sujets de quelque qualité et condi- « tion qu'ils soient de s'adonner au commerce et trafic et par mer, et faire connoître que notre intention est de « relever et faire honorer ceux qui s'y occuperont, nous a ordonnons que tous gentilshommes , qui, par eux ou « par personnes interposées, entreront en part et so- « ciété dans les vaisseaux , denrées et marchandises «d'iceux, ne dérogeront point à noblesse.... Et que « ceux qui ne seront nobles, après avoir entretenu cinq « ans un vaisseau de deux à trois cents tonneaux , « jouiront des privilèges de noblesse, tant et si longuec( ment qu'ils continueront Teiitretien dudit vaisseau « dans le commerce , pourvu qu'ils l'ayent fait bastir « en notre royaume et non autrement : et, en cas qu'ils « meurent dans le trafic après l'avoir continué quinze a ans durant, nous voulons que les veuves jouissent a du même privilège durant leur viduité, comme aussi «leurs enfants, pourvu que l'un d'entr'eux continue « la négociation dudit commerce et l'entretien d'un «vaisseau par l'espace de dix ans. Voulons en outre « que les marchands grossiers qui tiennent magasins « sans vendre en détail , ou autres marchands qui au- « ront esté eschevins, consuls ou gardes de leurs corps^

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