‹ Œuvres complètes de Augustin Thierry (volume 2)Chapitre 50 sur 64 · Massacre de l'hôtel de ville, 4 juillet · texte numérisé non relu

Massacre de l'hôtel de ville, 4 juillet

les scènes qui, du mois d'avril 1649 au mois de septembre 1652 , remplissent et complètent Thisloire de la Fronde. Folles ou rebutantes, elles sont tristes à lire et encore plus à raconter.

Après un ébranlement qui, pour sa durée, avait eu peu de profondeur , la société française se raffermit sur ses nouvelles bases, l'unité et l'indépendance absolue du pouvoir. Le principe de la monarchie sans limites fut proclamé plus rudement que jamais au milieu d'un silence général', et l'œuvre de Richelieu, conservée par un ministre moins grand que lui , put , des mains de ce dernier, passer intacte aux mains d'un roi. Le jour où Louis XIV déclara en conseil qu'il voulait gouverner par lui-même ^, on. comptait cinquante et un ans depuis la mort de Henri IV, et, dans cet intervalle, grâce à l'ordre puissamment créé ou habilement maintenu par la dictature ministérielle, l'état social et moral de la France avait fait d'im-

1. Nous avons fait et faisons très-expresses Inhibitions et défenses aux gens tenant notre dite cour de parlement de Paris de prendre ci -après connoissance des affaires générales de notre État et de la direction de nos finances , ni de rien ordonner , ni entreprendre , pour raison de ce, contre ceux à qui nous en avons conQé l'administratioii, à peine de désobéissance; déclarant dès à présent nul et de nul effet tout ce qui a été ci-devant ou pourroil être ci-après résolu et arrêté sur ce sujet dans ladite compagnie au pr«uudice de ces présentes , et voulons qu'en ce cas nos autres sujets n'y aient aucun égard. (Déclaration du 21 octobre 4652, Rec, des anc, lois franc., t XVII, p. 300.)

Page 1