n)id., t. 1er, p. 102, 130 çipassim
parut devant les magistrats municipaux, et leur dit qu'ayant embrassé leur parti et celui du parlement^ il venait habiter auprès d'eux pour s'occuper avec eux des affaires communes % où de grands seigneurs prêtèrent serment conmie généraux des troupes de la Fronde y et où des femmes brillantes de noblesse et de beauté s'installèrent à Thôtel de ville comme otages de la foi de leurs maris^ mais ce jour-là l'en* treprise plébéienne contre le pouvoir absolu perdit son caractère de dignité et de nouveauté; elle commença détre une imitation de ce qui s'était vu sous la régence de Marie de Médicis. Ce que la révolte avait de sincère dans son esprit et de grave dans ses allures disparut quand les courtisans factieux, leurs mœurs et leurs intérêts y entrèrent.
La paix conclue à Saint-Germain, le 30 mars 1649, entre la cour et le parlement ^, termina ce qu'on peut nommer la période logique de la Fronde, c'est-àdire celle où le mouvement d'opinion et l'action révolutionnaire partirent d'un principe, le besoin de lois fixes, pour marcher vers un but d'intérêt social, l'établissement de garanties contre l'arbitraire. L'acte final de cette paix sanctionna de nouveau la grande
f . Le prince de GonU, Registres de l'HMel de Ville de Paris, p. 1 18.
9. Voy. le traité signé à Ruel le II mars, et l'édit pour le rétablis^ sèment de la tranquillité publique , enregistré le !•' avril. Rec. det anc, lois françaises ^ t. XVH, p. 101 et 164.
concession déjà faite , Tlntervention du parlement de Paris dans les affaires générales, surtout dans les questions d'impôt* Ainsi le régime absolu oessa pour faire place à un régime de contrôle judiciaire; mais, loin que ce changement y qui énervait tout le système administratif , fit naître un meilleur ordre et pacififtt la France , il n'en résulta que Tanarchie. Ce fut la destinée du parlement aux deux derniers siècles d'exciter chez la nation des dé^rsde liberté légale et d'être in-» capable de les satisfaire par rien d'efScace ou de se-* rieux. Dans la première année de la Fronde, son rôle eut une certaine grandeur, mais la suite le montra déchu de sa position dominante, ne dirigeant plus ^ se gouvernant à peine lui-môme , tour à tour violent et timide, complice malgré lui de l'ambition des grands alliée aux passions de la multitude. Trois ans de guerre civile pour de pures questions de personnes, un pêle-mêle de complots aristocratiques et d'émeutes populaires, de frénésie et de frivolité, les scandales d'une galanterie sans pudeur joints à ceux de la révolte par égoïsme et d'un appel fait à l'étranger , des noms glorieux tout d'un coup souillés par le crime de trahison envers la France % enfin un massacre comploté contre la haute bourgeoisie par des démagogues à la solde des princes* : telles sont